LE CHŒUR
Le voicy, Qui semble à poiut nommé s'en revenir icv.
cr.Éo.N.
Qui * a til? s'est on mis en bonne diligence?
LE MESSAGER
Sire, il ne faut jamais perdre toute espérance De chose que ce soit; car bien souvent on voit Arriver ce de quoi moins d'attente on àvoit. Tantost épouvanté de vostre grand courrons J'avoy presque juré ne venir devant vous : Mais ce qu'avoy juré j'ay mis en oubliance Pour la joie avenue outre mon espérance. Et contre mon serment je vien, et vous ameine (îette vierge qui s'est donné toute la peine • De cet enterrement : là où je l'ay surprise Et non autre, mais moy sur le fait je l'ay prise.
Or, sire, maintenant icy je la délivre Entre' vos mains, à fin et que j'en soy délivre^
1, Le fra,i;iiii'iU que nous ci- malgré la délftDse faite parCréou. ilons comprend tlu vers 584 au 5- Masc. encore à cette époque vers 470, éd. fiidot- (N.; L., étvm.; Palsg., p. IbO;
2. Le messager, ou mieux le Jomville) ; l'ém. ci-dessous , p. ^arde, amène sur la scène Auli- 219.
gone qu'il a surpri.'e donnant la 4. Qu'y, sépulture à son frère Polyuice, 3. Délivré*.
LES JEUX. - AINTIGOINE. 217
Et (luo vous en faciez selon droit et justice : Car je dois cstrc absoust de tout ce maléfice.
CRÉON
Comment l'amenes-tu? où l'as tu pu surprendre?
LE MESSAGEn.
Elle enterroit le mort puisqu'il vous plaist l'entendro.
CRÉON
Sçais-tu bien que ' tu dis ? ou me le dis-tu bien '.'
LE MESSAGER
J'ay vu qu'elle enterroit (et je n'en fau - de rien) Le mort toucbant lequel vous aviez fait l'cdit De point ne l'inbumer. N'est-ce pas assez dit ?
CRÉON
Mais comment l'a tou^ vue et sur le fait trouvée ?
LE MESSAGER
Oyez comme il s'est fait. Depuis uostre arrivée Au retour de ce lieu, après que contré nous Vous ùtes bien jette vostre bouillant courrons, Nous fîmes rejeter la poussière du corps Et le mîmes à nu. Nous nous mctons alors Un petit alecart * sur les proches colines De peur que son odeur n'infectât nos narines; Et de là nous guetions si personne y vieudroit Et si toucher au mort quelcun entrepreiulroit.
Là nous fumes au guet jusques environ l'heure ijue le soleil plus haut dessus uostre demeure Euflannne l'air ardent, échaufe les ruisseaux, Grille les blés aux chams, au bois les arbrisseaux. Depuis (juand ce grand chaud cessa d'estre si fort. Nous vîmes peu après la fdle près du mort (Jui gemissoit, semblable à la mère fâchée Des petits oisillons qui pleure sa nichée. Qu'elle voit dans les mains du berger qui l'emporte. La fille soupiroit, se plaignant en la sorte, •Juand elle vit le corps découvert, dénué,