‹ Poésies choisiesChapitre 26 sur 300 · LE PREMIER DES MKTÉORES · texte numérisé non relu

LE PREMIER DES MKTÉORES

Je chante la saison, le lieu, la cause et l'estre De tout ce que l'on voit en mille formes nestre. De diverses vapeurs, sur terre et dans les cieux, Créé différemment (grand' merveilL- à nos yeux!}, Les grand's pointes de feu, les poutres flambovantes, Les lances et les dards ; et les fosses béantes Dans le ciel crevassé ; les longs dragons fumans, Juscpi'aux ardans folets sur les eaux s'alumans; Les astres chevelus, présages exécrables De meurdrcs et de peste aux mortels misérables ; Et doù vient que voyons cette blanche clarté Traverser tous les cieux d'un grand chemin laitté. Puis je diray l'humeur ^ dont la terre arosée Produit tant de beaux fruits, la pluye et la rosée,

1. Le 1" livre contient 4 pic- et qu'il ua pas achevé. Voy. les CCS. derniers vers. Il est déilié à Ca-

2. C'esi-à dire le premier livre tlierin^.' de Médicis. d'un poënie intitulé les Météores 5. L'humidité ".

Douce inere des fleurs du printemps amoureux ; Et la manne, du ciel le sucre savoureux ; La nege et le frimas ; et come les nuages Paroissent enflaniez de moslez peinturages : L'arc en ciel piolé ' ; les aires dont le tour Enceint or le so'eil or la lune alentour.

Apres je clianteray come l'air et la terre Prennent un nouveau jour sous l'éclair du tonnerre ; Pour quov se l'odoublant il devance le bruit ; Coment le foudre aigu dans les nues se cuit ; L'origine des vents, leurs demeures certaines, Les tourbillons rouans-, les borasques^ soudaines ; Doù sont les branlements de terre suscitez, Qui souvent ont perdu citoyens et citez; Pourquov la mer profonde a ses vagues salées; Doù coulent les ruisseaux par les basses valées, Les sources, les bouillons, les étans et les lacs, Los fleuves qui jamais de courir ne sont las.

Et pourray dire après les venes des perrieres, Et des métaux fouillez les maudites minières, (le que la soif d'avoir ne pouvant s'étancher Xoii-; a Hiit aux luivnnx t]r !a d'rre (•brTfber...[-24J

Près du premier mouvant* la grantrsfere cstoiiée Va d'un contraire tour par son ange él)ranlée. .\e pouvant se hâter pour le cours violent Qui luy est trop voisin et le fait le plus lent De tous les autres cieux. Son allure est si larde '^ ()ue l'bomme ingénieux (combien qu'il y prinst garde), Vivant plus que Nestor, ne s'aviseroit pas Au dernier de ses ans qu'il avance d'un pas. Mais, quov qu'il soit tardif, les csfoiles qu'il porte

1. Point de diverses couleurs plusieurs cieux. Baïf, après avoir

(L.; R, de la R., 18I2'i). décrit le ciel des planètes, cc-

'2. Tournoyants '. lui qu'il appelle le premier raou-

ô. Bourrasques. Né au xvi' .siè- vant, passe à la description de

Je (Brachet Dict.) ; l'o était ély- la sphère éloilto ou finnamenl.

siolopque (L , étym.). .\près venait l'empyrée.

Page 1