‹ Poésies choisiesChapitre 73 sur 300 · Cf. Ronsard, Discours sur 5. Pièce de l'armuie qui per · texte numérisé non relu

Cf. Ronsard, Discours sur 5. Pièce de l'armuie qui per

les misères du temps, p 555. met le mouvement du bras tout

'i. Imparfait du verhe ouïr. en garantissant l'aisselle.

3. -Araignée (L., hist. et étym.; 6. Imité du fragment de Bac- J. Gl.). cliylido sur la Paix.

4. Fém. de tessier, tisserand 7. Souvenir de Virgile, Géori/., (L.; J. Gl.) : t< Tissiere, fem.. est I, 508.

le même que tisserande, » dit 8. Abondance*. Mcot. !). Cf. ci-dessus, p. 5J.

Guidant tenir son peuple en paisible assurance (Car ny l'Anglois pour lors les armes ne prenoit Et Charles l'empereur en paix se contenoit) Voicy sortir d'enfer la rage échevelée.

D'aspics et coulevreaux sa crinière est meslée ; Une torche flambante elle branle en son poin, Qui répand dedans l'air une fumée au loin... [6] C'est celle-là qui fait les amis ennemis, C'est celle-là par qui les grans princes sont mis Dehors de leurs grandeurs, et leur couronne ostée Sur le chef étranger en triomphe est portée. Encontre les sujets elle anime les rois, Leur faisant imposer des tailles et des lois Qu'ils ne peuvent porter ; les cœm's elle mutiue Des peuples à brasser des seigneurs la ruine ; Elle-mesme contraint les libres citoyens Au joug de servitude ; elle ouvre les moyens Aux hommes asservis de rentrer en franchise. Changeant des nations les estais à sa guise. Elle sortant un jour par la France courut. Par où elle passoit toute l'herbe mourut. Et les fruits avortez et les fleurs violées Churent de toutes parts sur les terres brusiées. Soudain le menu peuple elle pousse en fureur. Et luy troublant le sens pour ne voir son erreur, Contre le prince emplit les cœurs de felonnie. Et toute révérence en a dehors bannie.

A JUACHIM TIliALIl DE COURVILLE»

Bien que tout autre estât mondain Pîir faveurs ou par dons s'acqueste-,

1. C'est celui qui fouda avec 2. Du verlie acquester, acque- Baïf l'académie de musique. rir (Palsg., p. 565).

Ou soit pour se couvrir la teste D'un chapeau de riche escarlatte, Ou pour avoir dessur le sein L'honneur du colier qui eclatle, On n'a point vu (juc le poète Par ce moyen sa i^loire achette.

Mais, Tibaud, aussi tost qu'il naist 11 faut que d'une douce œillade Des Muses la chaste brigade L'enfant bien-astré favorise ; Dés l'heure désirant il n'est De poursuivre une autre entreprise ; Il ne veut acroistre sa gloire Par une sanglante victoire.

Il ne veut se voir en honneur, Connue un magistral qui préside Tenant aux rudes lois la bride ; De mille arpens de labourage Il ne veut estrc le seigneur ; Il ne prdira sous l'orage, Qui la mer vagucuse menace Ny ne rira s'elle est bonace.

La tromperessc ambition Un vray poète n'enveloppe, Nv des traislres soucis la troppc ^ Qui l'homme convoyteux tenaille jNe donte son affection; Ny aux richesses il ne bâille-.

Ravy des Muses il prend peine D'aller bon-e dans leur fonteine,

Qui sourd sur la sime d'un mont ; Et celuy se trompe, qui pense Ravir sa richi- recompense Sans l'avoir devant desservie Par noble sueur, comme font Ceux qui, s'enfluns sur nous d'envie,

•1. Troupe'. 'i. Baye. Confubion (L., rem.

Tascheut nous desrober la gloire D'une tant pénible victoire.

AAec peine et sueur il faut Grimper la montagne fascheuse, Âspre, rude, roiile, espineuse ; 11 faut froisser dix mille aspresses * Devant que monté sur le haut Tu sois receu par les déesses :

Car qui n'a [loint dés son enfance Leur faveur, de rien il n'avance.

Car bien qu'aucun- eust surpassé Le plus périlleux du voyage Forcé d'un obstiné courage, S'elles ne l'ont pris dés le lange, D'elles il n'est point embrassé ; Mais, repoussé loing sans louange Du surjon divin de l'eau claire.

Dans l'eau trouble se désaltère.

Du premier sourjon maint ruisseau

Par maint conduit d'en haut dérive.

Mais l'onde n'y coule si vive

Comme dans la première source ;

Ains 5 fangeuse roule son eau.

Qui, plus loin du chef prend sa course.

Tant plus s'en alant trouble et sale

Par le pendant du mont devalle.

Tel de petit cœur paresseux

Regarde la haute montagne,

Et sans partir de la campagne

Boit de l'eau qui coule fangeuse.

Qui, effronté, se ment^ de ceux

(Jui d'une peine courageuse

Ont osé jusqu'en haut atteindre

Et leur soif dans l'eau vive esteindre. Tel de cœur en chemin se met

1. Apretés, au fig. (Palsg., p. 3. Mais, mais lùen plutôt. 198). i. Se dit mcnsongèremenl de

■2. Quelipi'uu. ceux qui...

Qui soucUiiii recreu * du voyage A mi-cheinin rompt son courage Et boit dans le ruisseau moins sale, Mais en vain si sur le sommet A longs traits soiveux il n'avale De celle - source clair-coulante, Où l'onde pure est bouillonnante,

Au pied des lauriers vigoureux Qui sus la liqueur argentine Voûtent une verte courtine, Couvrans les eaux d'un frais ombrage.

Heureux, ô raille fois heureux A qui les sœurs font l'avantage De luy declorrc leur fontcine Qui adoucit toute leur peine.

Depuis partout le monde en l'air 11 est porté dessus les aisles Des doctes Muses immortelles ; Et parmy la bouche des hommes ^ Se sent bien renommé voler ; Et parmy nous, qui mortels sommes.

Renouvelle, tousjours présente, Sa mémoire à jamais vivante.

Il faut aussi que nostre nom, Tibaud, tousjours vive et revive Maugré la Parque, qui chetive En vain présentera sa darde* Contre nostie noble renom, Si des sœurs la bande mignardc Donna favctu' à nostre enfance Dés nostre première naissance.

Sus, vainqueurs, la Parque domtons, Dechassons de nous la paresse.

Et, picquez de })romte allégresse Tirons au haut de la montagne.

i. Fatigué*, épuisû. ô. l'er ura viriim. Virgile.

■2. Cette*. i. Sou dard (L.,hist. de Dard).

Au lieu plus eslevé montons, A fin qu'en la basse campagne, De là, pleins de gaye assurance.

Sous nous dedaisf nions Tinnorance.

A REMY BELLEAI

Quel autre bien plus grand Console nostre vie, Que la joye qu'on prend D'une amitié qui lie, Belleau, les mesmes cœurs D'un nœu de mesmes mœurs ï

Parmy tant de travaux Qui troublent notre race, Le seul confort des maux Que le malheur nous brasse.

C'est Tamy qui segrct Entend nostre regret.

Mais, ô rare joyau.

Joyau presqu'aussi rare Qu'est rare cet oyseau Qui au pais barbare De sa cendre renaist, .

L'oyseau qui plus d'un n'est.

Maint de feinte amitié Trompe l'humaine vie De fausse mauvaistié, Et de traitresse envie, Et d'obscure rancœur Ayant enceinl le cœur.

Maint, par mainte moisson D'une apparence belle,

Fuyant toute tançon * Te fera du fidellc, Tirant sous bonne foy Tout le secret de toy.

Mais si tost qu'il sçaura Le fond de ta pensée.

Et que preste il aura Sa traison- pourpensée^, Traistre (si le peut bien) T'ostera de ton bien.

L'autre durant ton heur Suivira * ta fortune :

Si tost que le malheur Menacera ta hune, Débarqué de ta nef Fuira de ton mechef.

Et comme le daufm Qui suit la nef qui nage L'abandonne à la fin Où l'eau faut -5 au rivage :

Ainsi l'amy flateur Délaisse où cesse l'heur.

Un autre cependant Que des biens la balance Egalement pendant Plus à l'un ne s'élance Qu'à l'autre te suivra Et ton amy vivra.

Mais si tost que le bien Haussera sa richesse, Adieu le beau lien Qui pareils vous empresse :

D'un saut avec son heur

1. Contrarie^'', (jucrellc (Ro- (raison, tantôt traïson quef.; Palsg., \i. 20(1; P.. de la 5. Méditée*. R.; Joinville). 4. Futur formé sur l'infinilil

5J. baïf, selon la mesure du suivir '. vers, écrit et prononce tantôt 5. Manque.

Il élevé son cœur ;

Et du tout ' oublieux De sa fortune basse Ne daigne glorieux Baisser sa fiere face Vers son compagnon bas, Qu'il ne reco.inoist pas... [56]

A MONSEIGNELIi DE YILLEQUIER

0 Villequier, aux afaires adroit, Juge des vers, quand aucun demandroit De mes écris le premier que jamais Je mis au jour, le viene lire, mais Marquant le tems excuse le bas âge Où j'étov lors et loura le courage :

Quand jeune encor et sans ])arbe au menton, (Lors désireux d'aquerir lui beau nom) Me bazardé sous Henri prince bumain (Au deuziéme - an qu'il tint le sceptre en main) Par mes labeurs à me faire conoistre.

Vingt et trois ans continus j'av fait croistre De mes travaux d'an en an le monceau.

Où j'emploiay de mes jours le plus lieau, Mon doux printems, puis, après, mon œté. Sans recueillir nul lover mérité.

Mais le roy Cbarle et sa mère tresbonne Feront porter du fruit à mon autonne.

Ou le vaillant et sage duc d'Anjou Me tirera du misérable jou De pauvreté. Gentil duc d'Alençon

i. EiUièremenl ". douzième que donne faulive

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