Imilé d'Ovide, Amours, II, xv. Cf. A Cliéuicr, p
Metoit sa main, coulé je glisserois Roulant en bas, tant qu'au val je serois. D'où fin j'espère aux peines que j'endure.
Lors ta rondeur je ne vouchoy garder ; A peine alors pourroy-je retarder L'ardant dosir qui si fort me consomme ^ ;
Car je voudroy ma forme revestir.
Faisant tresbien à madame sentir.
Que d'un aneau je me seroy fait homme.
Sçavanl Muret, après les livres grecs Que tu discours, recherchant la nature Aux monumens de l'antique escriture, Pour eclaircir les plus divins segrets,
Voudrois-tu bien d'amour les jeux aigrets Lire en ces vers, que sa foie pointure. Qui semé aux cœurs mainte épineuse cure -, Me fait ourdir pleins de tristes regrets,
Que pour l'amour d'un doux-cruel visage J'alloy chantant sur les rives de Seine Lorsque neuf mois je contoy sur vingt ans ^ ?
Mais quand viendra qu'oubliant avec l'âge. Comme tu fais, ceste estude trop vaine, J'employe mieux mou esprit et mon temps?
U douce peinture aniialjle, Peinture toute pitoyable.
Qui nie ris promelant le bien Vers qui tout autre ne m'est rien ; 0 seul confort à ma détresse.
Mais pourquoy ma fière maîtresse.
Las! douce et fiere, mais pourquos
1. Consume'. Confusion IVc- 2. Souci, cura. quenlc. 5. Dans l'année Voo'î.
AMOURS DE MELINE. — I. 99
Ne me rit elle comme toy, D"un ris plein de miséricorde.
Lorsque davant' toy je recorde Une harangue de pitié, Pour adoucir sa mauvaistié ?
0 ploust à Dieu que davant elle.
Asseuré, je la lisse telle Comme à toy je la fays ici.
Pour gagner le don de niorcy !
Quoy que tu sois peinture morte, Toutes fois ma pleinte est si forte.
Que lu me semblés t'en douloir Et consentir à mon vouloir ; Mais davant elle faut- ma langue Au premier mot de sa harangue :
Tel est son œil éblouissant Qui, hors de moy me ravissant.
Fait que plus ma langue s'essaye, Plus engourdie elle bégaye.
Sans qu'elle ait en rien le pouvoir De faire pour moi son devoir. . . [40] Heureux sois tu, et soit heureuse La docte main industrieuse Qui te peignit de ces couleurs, 0 dous confort de mes douleurs.
Jamais ne soit que tu ne vives, Portrait, et les couleurs naïves De qui mon Denisot '' t'a peint Sans que l'âge t'oste le teint.
Vous vivrez et Baif se vante Que ceste chanson qu'il vous chante Ny sa Meline ne mourra ; Tant qu'Amour armé demourra L'arc au poing, sous le bras la trousse, Et tant que la flamme aigre-douce