‹ Poésies choisiesChapitre 94 sur 300 · Devant. ô. Pinnlre; cf. un sonnet de · texte numérisé non relu

Devant. ô. Pinnlre; cf. un sonnet de

i. Manque, me fait défaut". Ronsard, p. 3.

S«lîi!T!i*C.V 1

Que brandist la gaye Cypris, Chauffera les jeunes esprits.

0 doux accords, ô résonance douce, Qui respondoit au toucher de tes doits; 0 chanson douce, à qui tu accordois Tant gentiment les fredons de ton pouce ;

G charme doux, qui tout ennuy repousse, Charme puissant d'une alechante voix Par qui mon ame entière tu pouvois Me déro])er d'une caute * secousse ;

Qui ja- desja, toute pleine d'esmov, Se promenoit au bord de mon oreille, Par là taschant se départir de moy :

Ce qu'elle eust fait, sinon que tu cessas, Et du coraF de ta bouche vermeille La miene blesme à l'heure tu pressas.

Dans ce coral, la bouche de madame.

De rare odeur l'air voisin parfumant, Venus riante a mis prodiguement Ce qu'elle avoit dedans Cypre de bàme.

Dedans cest œil Amour a mis sa flàme, Flame, qui vient mes forces consumant.

De qui le feu tout gent cœur allumant. Des plus glacez le morne esprit enflame.

Amour ourdit ce rét éparpillé.

Or, du fuseau des trois grâces pillé, Pour me le tendre aux temples* de la belle ;

De ces coraux la douceur m'apasta.

Cet œil m'éprit et ce rét m'arresta.

Pris et bruslé par leur douce cautelle.

1. Rusée*. Cautelle, ruse, est explétif (Chevallet, III, p. ôOI). dans le sonnet suivant. 3. Corail*.

2 Le mot j:"i, ici, n'est qu'un i Tempes*.

AMOURS DE MELINE. — I. 101

Haute beauté dans une humble pucelle, Un beau parler plein de grave douceur.

Sous blouds clieveux un avant-chenu * cœur. Un chaste sein où l'amour se recelé;

En corps mortel une gi'ace immortelle.

En douceur fiere une douce rigueur, En sage esprit une gave vigueur.

En ame simple une sage cautele - ;

En deus beaus yeux mouveurs de mes ennuis, Deus beaux soleils cpii font iuire les nuits Et font sentir aux plus transis leur flame.

Sont les larrons (et point je ne m'en deux^) Qui, me guettans au passage amoureux.

Au depourveu me volèrent mon ame.

Mets moy dessus la mer d'où le soleil se levé, Ou près du bord de l'onde où sa flame s'éteint ; Mets moy au pais froid, où sa chaleur n'ateint. Ou sur les sablons cuits que son chaud ravon grève ;

Mets moy en long ennuy, mets mov en joye brève, En franche liberté, en servage contraint ; Soit que libre je soy, ou prisounier rétreint*. En assurance, ou doute, ou en guerre ou en trêve ;

Mets moy au pié plus bas ou sur les hauts somets Des mous plus eslevés, ù Meline, et me mets En une triste nuit ou en gaye lumière ;

Mets moy dessus le ciel, dessous terre mets mov. Je seray tousjours mesme, et ma dernière foy Se trouvera tousjours pareille à la première.

1. Vieux, c. à d. sage avant le de l'indicatif de se douloir. temps. Sens figuré (I.,. , ex. de Du 4. Resserré dans ses chaînes. Bellay). Cet es. vient encore à l'appui de

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