‹ Poésies choisiesChapitre 96 sur 300 · Se tapit. i. Cette · texte numérisé non relu

Se tapit. i. Cette

Lors qu'elle, qui sa soif esteint, Du bout de sa lèvre l'ateint.

Heureux moy, s'une * force estrange Me faisoit, ô dieux, faire échange Du corps ensemble et de l'esprit Avec l'or el le vin qui rit! Si que - mon ame eust tant de grâce Une d'estre vin, et mon corps tasse, Sans toutes fois aucunement Perdre en ceci mon sentement^; Et que dessus les lèvres miennes Ma Moline ajoutant les siennes Reust, humant d'un long et doux trait, Hors de moy mon esprit souhait*.. .[36]

Sus, quitlon toute ceste peine, Ouitton ceste espérance vaine, Quitton ces propos sans effet Songeant ce qui peut estre fait.

Puis que je n'ay pas si grand' aise, Qu'à souhait ainsi je la baise, Ainsi que toy (non envieux Dessus ton bon-heur, se m'aist-Dieux ^, Je di ceci) benine tasse.

Au moins de ses lèvres la trasse Garde soigneuse sus tes bors...[i7]

0 douce Venus, native Des flots marins inhumains, 0 combien la flame est vive One ton fils porte en ses mains !

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