‹ Poésies choisiesChapitre 33 sur 36 · LE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

LE MONTMORENCY

Au détour du courant où le flot qui la ronge Embrasse les contours de l’Ile d’Orléans,

Comme une énorme trombe, entre deux caps géants, La blanche cataracte au fond du gouffre plonge.

Indicibles attraits des abîmes béants !

Imposantes rumeurs que la brise prolonge !

Lourds flocons écumeux qui passez comme un songe, Et que le fleuve emporte aux mornes océans !

Spectacle saisissant, grandiose nature,

A vous interroger quand l’esprit s’aventure,

Le cœur revient toujours dans un trouble nouveau

Le bruit, le mouvement, le vide, le vertige,

Tout cela va, revient, tourbillonne, voltige,

Ivre et battant de l’aile aux voûtes du cerveau !

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