‹ Poésies choisiesChapitre 35 sur 36 · LE LAC DE BELŒIL · texte numérisé non relu

LE LAC DE BELŒIL

Qui n’aime à visiter ta montagne rustique,

0 lac qui, suspendu sur vingt sommets hardis, Dans ton lit d’algue verte, au soleil resplendis, Comme un joyau tombé d’un écrin fantastique ?

Quel mystère se cache en tes flots engourdis ?

Ta vague a-t-elle éteint quelque cratère antique ? Où bien Dieu mit-il là ton urne poétique Pour servir de miroir aux saints du paradis ?

Caché, comme un ermite, en ces monts solitaires, Tit ressembles, ô lac ! à ces âmes austères Qui vers tout idéal se tournent avec foi.

Comme elles, aux regards des hommes tu te voiles j Calme, le jour,— le soir, tu souris aux étoiles ;

Et puis il faut monter pour aller jusqu’à toi !

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