‹ Poésies complètesChapitre 100 sur 127 · LE DISQUE ET LE TRAIN · texte numérisé non relu

LE DISQUE ET LE TRAIN

(chanson)

n soir, au bord d'une terrasse, Deux amants, couple tendre et fier,

Regardaient, au loin, dans l'espace,

La ligne d'un chemin de fer.

Un feu plus rouge qu'une bisque

Paraît à l'horizon serein,

Et l'amant dit : tiens, c'est le disque !

Elle répond : non, c'est le train !

— Examine avec soin, mon ange, Et tu verras bien que ce feu Toujours brillant jamais ne change Ni d'intensité ni de lieu ;

Un phare sur un obélisque Ne change pas plus de terrain, Je t'assure que c'est le disque...

Elle répond : non, c'est le train !

— Je ne comprends pas, ma mignonne, Que tu résistes en ceci ;

Cependant je te le pardonne, Les femmes sont toujours ainsi !

Oui, je te pardonne, mais puisque A mon dépit je mets un frein, Avoue au moins que c'est le disque...

Elle répond : non, c'est le train!

— Quel entêtement, malepeste !

Quel ton narquois ! Quel air moqueur ! Je m'aperçois, à temps du reste, Que vous avez fort peu de cœur.

Mieux vaut nous séparer, sans risque D'en avoir un trop grand chagrin...

Avouez-vous que c'est le disque ?

Elle répond : non, c'est le train!

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