LE DISQUE ET LE TRAIN
(chanson)
n soir, au bord d'une terrasse, Deux amants, couple tendre et fier,
Regardaient, au loin, dans l'espace,
La ligne d'un chemin de fer.
Un feu plus rouge qu'une bisque
Paraît à l'horizon serein,
Et l'amant dit : tiens, c'est le disque !
Elle répond : non, c'est le train !
— Examine avec soin, mon ange, Et tu verras bien que ce feu Toujours brillant jamais ne change Ni d'intensité ni de lieu ;
Un phare sur un obélisque Ne change pas plus de terrain, Je t'assure que c'est le disque...
Elle répond : non, c'est le train !
— Je ne comprends pas, ma mignonne, Que tu résistes en ceci ;
Cependant je te le pardonne, Les femmes sont toujours ainsi !
Oui, je te pardonne, mais puisque A mon dépit je mets un frein, Avoue au moins que c'est le disque...
Elle répond : non, c'est le train!
— Quel entêtement, malepeste !
Quel ton narquois ! Quel air moqueur ! Je m'aperçois, à temps du reste, Que vous avez fort peu de cœur.
Mieux vaut nous séparer, sans risque D'en avoir un trop grand chagrin...
Avouez-vous que c'est le disque ?
Elle répond : non, c'est le train!