LES AMIS DE LA FRANCE IO
Yvan prêta l'oreille à ces voix immortelles :
« Toi qui souffres pour nous, sois béni! disaient-elles,
Nous te glorifions du sein de l'infini;
Sois fier et sois heureux sur ton lit de souffrance,
Nous t'adoptons, héros qui tombas pour la France,
Dans la vie ou la mort sois fier et sois béni! »
Yvan, quand vint l'instant où le corps se ranime, Avait dans ses regards la vision sublime, Son âme frissonnait hésitant à partir; Mickaïla, courbé sur son compagnon d'armes, Contemplait, dans un trouble anxieux, mais sans larmes, Celui dont sa parole avait fait un martyr;
Yvan lui prit la main, et lui dit : « Merci, frère! Ne me plains pas; je veux qu'on m'envie, au contraire; Je suis Français, Français d'âme et de cœur d'abord ! » Il s'était transformé, comme Paris lui-même, Et sortait deux fois grand de l'angoisse suprême, Ayant vu de plus près le Génie et la mort !