LEUR DEPART I I I
0 peuple! loin de toi tout flatteur qui t'encense, Mais il faut dire au moins que le monde surpris Envia tes malheurs en voyant ta puissance Et que plus d'un paîrait sa défaite à ce prix!
Pourtant, qu'un tel orgueil n'entre point dans nos âmes ; Nous avons mieux à faire au temps qui va venir; Si de ces lourds fardeaux ainsi nous triomphâmes, Pour bien garder l'espoir, gardons le souvenir.
Le ciel dans sa clémence a formé cet orage Pour que le matelot redouble son effort, Pour que le naufragé soit digne du naufrage Et reprenne la mer plus prudent et plus fort!
Levez-vous, matelots! Au gouvernail, aux voiles! Au travail, laboureurs des flots larges et lourds! Emportez la boussole et cherchez les étoiles, Ne craignez pas la nuit : l'ombre passe toujours!
Elle est passée. En vain la vague gronde encore; Vers l'horizon meilleur qu'il atteindra bientôt, Vers l'immense avenir, vers le ciel, vers l'aurore, Elle aide le navire et le porte plus haut!