‹ Poésies complètesChapitre 36 sur 127 · II · texte numérisé non relu

II

Le lendemain, son fils lui dit : « Partons, ma mère ! « Ici notre douleur à tous est plus amère. » Mais elle lui répond : « Nos vainqueurs sont ici, « Ma ville est prisonnière, et je veux l'être aussi? » Plus tart, son fils lui dit : « Un médecin habile, « Un Français comme nous, est rentré dans la ville, « Son art vous guérira.

— Me guérir... mais après?

« Je ne veux pas revoir le jour: je les verrais ! « — Mère, un enfant de plus est né dans la famille ; « Elle est là, devant vous, votre petite fille, « Mignonne, blanche, rose, avec un bel œil noir; « Ou n'aime pas assez un enfant, sans le voir ; « Laissez-vous donc guérir, et vous verrez quel ange! « Sa poitrine qui dort en soulevant son lange ! « Vous verrez son grand front et ses pieds tout petits! « — Ehbien,oui,j'y consens... quand ils seront partis! »

Juin 1888.

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