DIT PAR M. LAROCHE AU THÉÂTRE-FRANÇAIS LE 6 JUIN 187I
ui, nous célébrerons ta fête, Corneille, cette fois surtout.
Puisqu'après l'horrible tempête Ton théâtre est resté debout.
La flamme voulait cette proie, Le crime voulait cette joie; Le voilà sauvé maintenant, Entre deux palais mis en poudre Épargné par la double foudre Du sol en feu, du ciel tonnant!
Ton nom l'a défendu jusqu'à la dernière heure; Comme Paris lui-même, il était condamné ; Mais sur ton temple aucun outrage ne demeure : Celui-là n'est pas plus détruit que profané!
Cependant restez dans notre âme, Souvenirs d'un temps odieux; N'oublions pas la sombre trame Qui se déroula sous nos yeux.
0 fiers penseurs, nobles ancêtres, Souverains de votre art, nos maîtres, Ce temps n'est pas perdu pour nous :
Meurtris encor de nos entraves, A vous nous revenons plus graves, A toi, vieux Corneille, avant tous!
Nous te comprendrons mieux après ces jours tragiques. Après avoir mûri sous l'orage du feu ; Nous trouverons tes vers plus vrais, plus énergiques, Ayant eu nos Cinnas, mais quels Cinnas, grand Dieu!
Voyant Polyeucte ici-même,
Nous comprendrons mieux qu'autrefois
Ce courage calme et suprême
Qui grandit au pied de la croix;
Nos Polyeuctes, nos Néarques
Ont montré par d'illustres marques