‹ Poésies complètesChapitre 50 sur 127 · A PROPOS D ESTHER · texte numérisé non relu

A PROPOS D ESTHER

Au triomphe implacable, au crime qui prospère, Donner cette leçon était digne de toi, Afin que la vertu qui souvent désespère Apprît que le méchant a ses heures d'effroi.

Esther, c'est la leçon, c'est l'exemple céleste : Le faible est sans appui, l'oppresseur sans remords ; Tout un peuple est captif, plus rien de lui ne reste, Les sages sont muets et les vaillants sont morts ;

Qui le consolera sur ces rives lointaines ? Qui lui rendra l'espoir avec le souvenir ? Sont-ce les rois tombés ou les fiers capitaines ? Est-ce le bruit des chars qu'on entendrait venir?

Non, non : c'est la prière et la plainte des femmes ; Les forts sont terrassés, mais les faibles sont là ; Leurs chants de deuil feront taire les chants infâmes ; Ta suprême espérance, ô peuple, la voilà!

Ces femmes à genoux qui pleurent sur des tombes — Peuple, regarde-les! — te sauveront demain; Pour chasser les vautours Dieu choisit les colombes, Et son doigt dans le ciel leur montre le chemin !

Prenez garde, ô vainqueurs, sombres maîtres du glaive, Vous disiez : jamais trop! Quelqu'un dit : c'est assez! Un vieillard, un enfant, une femme se lève, Et ce peuple renaît, et vous disparaissez !

Oui, poète, c'est là l'œuvre de ta tendresse, De ta douleur, de ta justice, de ta foi, L'œuvre consolatrice, auguste, vengeresse, Douce comme l'amour, grave comme la loi !

Ton œil, indifférent à nos humbles louanges, Des gloires d'ici-bas ne voit plus le flambeau, Mais peut-être, le jour de ta fête, les anges Chantent un chœur d'Esther, et le ciel est plus beau

A-PROPOS pour l'anniversaire de la naissance de molière (1860)

Molière M. Beauvallet.

Un poète H. Métrème.

Une actrice M"* Figeac.

Le théâtre représente une salle au Théâtre-Français.

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