LA STATUE D ALEXANDRE DUMAS
La pensée... Oh! labeur étrange!
Douleur où l'espérance luit!
Sereine visite de l'ange!
Assaut du démon dans la nuit!
Toutes ces luttes, ce mystère, Cet enfantement solitaire, Ce combat heureux ou fatal, Cette angoisse amère et bénie, Tu les as connus, ô génie Debout sur ce blanc piédestal!
Dans un volcan géant esclave, De tes foudres remplissant l'air, Lançant le roman, cette lave, Après le drame, cet éclair, Sans plainte, sans fin, sans relâche, Te faisant sous ta lourde tâche D'un jour de repos un remords, Domptant les haines et l'envie, Ton plus beau rêve dans la vie Fut le triomphe dans la mort!
Ton triomphe est plus grand que ne fut grand ton rêve ; La justice du monde attendait ce momenr, Car tout grand homme meurt comme un astre se lève, Dans un majestueux et pur rayonnement;
Il semble que la ville, aujourd'hui, t'appartienne; Fleurs et drapeaux, clairons, tout ce peuple joyeux, Et la gloire d'un fils qui s'ajoute à la tienne Comme un nouveau royaume à celui des aïeux!
Revis donc pour toujours dans ce bronze qui vibre; Vers ton front vaste et calme entends monter nos voix, Et, poète vainqueur, plus superbe et plus libre, Achève dans l'azur tes rêves d'autrefois!
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