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Prologue D'une Comédie bouffonne

A Constant Cocluelin.

Pendant que loin de nous l'ange Mélancolie Rêve en interrogeant l'azur des deux profonds, Nous avons essayé de prendre a l'Italie Ses types ingénus sous leurs masques bouffons.

Ils viennent. Aimez-les. C est Colombine, lame De la farce classique, aux regards éclatants, Qui mêle a ses cheveux d'or céleste et de flamme Les plumes de l'oiseau d'amour, couleur de temps !

Arlequin, le héros fantasque de Bergame, Qui passe et disparait comme un vivant éclair, Et fait, sur son habit, chanter toute une gamme De paillettes d'acier qui frissonnent dans l'air.

C'est le Docteur , bourré de sentences latines, Le Pédant, que Molière a réclamé pour sien, Et qui mêle sa basse aux notes argentines Des jeunes amoureux sous le soleil ancien;

Les Flèches d'or.

Et c'est Pierrot, enfin! le spectre blanc qui laisse Les destins, a leur gré, gouverner l'univers, Et fort tranquillement s'assied avec mollesse Au rebord des chemins sous les feuillages verts.

Ils vont où les conduit leur libre fantaisie, Sages voyant la vie a travers leur humour

int la route en fleurs qu'un Dieu leur a choisi Insoucieux de tout, hormis du seul amour.'

Xe vous étonnez pas de leurs façons galantes: Fatalisies ainsi que des Orientaux, Ils ont laissé le soin aux brises nonchalantes De disposer les plis flottants de leurs manteaux.

Leur gatté primitive a des accents farouches, Le met cru, rimant juste, est chez eux triomphant; Pourtant, rien n a flétri le rose de leur bouche, Et leur rire sincère est un rire d'enfant.

Voici qu'ils vont conter leur chanson amoureuse, Accueillez-les ; soyez cléments, et laissez-leur Poursuivre dans les airs leur course aventureuse Avec le rossignol et le merle siffleur.

Songez qu'ils ont gardé leur jeunesse éternelle A travers trois cents ans lumineux traversés, Et que la muse encor les couvre de son aile. — Messieurs les violons, maintenant, commencez!

Réveil.

Réveil.

y ai pu, ce matin, laisser ma fenêtre Ouverte aux rayons du premier soleil.

Réjouisso7ts-nous! le printemps va naître, Sur l'e'corce point le bourgeon vermeil.

Le vieillard Hiver se métamorphose.

Son manteau fourré tombe et laisse voir Le corsage frais et l'épaule rose D'une belle fille a l'œil vif et noir!

Le fond gris du ciel se fait bleu/ Des strophes Chantent dans ma tête et parlent d'amour, Et mon rêve met de belles étoffes, Couleur d 'espérance et couleur de jour!

Plus de flamme haute en la cheminée Dont le clair reflet dansait sur le mur. Folle du logis, Muse mutinée, Allons dans les champs saluer l'azur!

Les Flèches d'or.

Le Château Romantique.

A Théodore de Banville.

Dans le vieux château romantique, La garnison, nombreuse encor, A ux cris des teneurs de boutique Répond par des appels de cor.

La porte est solide et de chêne, Les ais par le fer sont liés; C'est en vain qu'au bout de leur chaîne Se balancent les lourds béliers.

Notre orgueilleuse citadelle Ne craint surprise ni hasard, Et défend, gardiemie fidèle, Le vierge pays de Ronsard.

Dans les fossés pleins d'eau entrante, Les créneaux se mirent joyeux; Le drapeau de mil huit cent trente Flotte librement dans les deux.

Le Château Romantique.

Et le visiteur, des qu'il entre Dans le donjon aux murs épais, Voit, dans la grande cour du centre, Les soldats s'exercer en paix.

Pas taie pierre n'est tombée, Et nul brin d'herbe, nul gramen Au ventre de la tour bombée N'a pu se frayer un chemin.

Les strophes des Orientales Résonnent sous leurs hauts arceaux; La lyre mêlée aux crotales Rhythme la chanson des oiseaux.

Dans les jardins du beau domaine.

Laissant fuir ses cheveux au vent, Le doux Cœlio se promène Avec Albertus, en rêvant.

Une ode amoureuse à chaque heure S' épanouit , charmante à voir, Ouvrant dans la forte demeure Son aile au souffle de l'espoir.

Hugo, dans la tour la plus haute, Siège, auguste, puissant, entier; Les autres veillent côte a côte Près du capitaine Gautier.

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