‹ Poésies complètesChapitre 20 sur 23 · Épilogue · texte numérisé non relu

Épilogue

Fais-toi d'abord couper les cheveux. Les gendarmes A 'aiment pas , tu le sais, ces êtres chevelus Qu'on rencontre dans les rochers pleins de vacarmes, Epiant les plongeons des torrents dissolus.

Laisse la Fantaisie et sa crinière blonde. Vois Manuel. Ll est célèbre. Coquelin Récite tous les soirs ses vers dans le beau monde; Mais il vit loin des gueux, en habit zinzolin ! »

Le Vice, ange gardien de mes jeunes années, Mon compagnon fidèle et l'actif artisan De mes strophes d'avril au vent abandonnées , Le Vice, gai, joyeux comme la Trévisan,

Me tiraille a son tour et vie dit : « Faux poëte ! Veux-tu bien lâcher la cette duègne. Crois-tu Que les astres en feu luisent sur notre tête Pour te voir réciter des vers a la Vertu !

Si tu la connaissais, cette existence, bonne Pour inspirer l'horreur du rire et des rayons ! ... Les hommes vertueux s'appellent Ratisbonne. Tu ne t'appelles pas Ratisbonne , voyons !

Tu n' as pas fait ces vers que nous nous empressâmes Bien vite de porter au prochain pavillon A trois sous : Le pays des ânes ou des âmes, Où Corneille abruti trinque avec Boquillon !

354 Gilles et Pasquins.

Reste avec moi. Courons par la plaine enivrée ! On ne te verra pas sons les riches lambris, Mais ion manteau râpé vaut mieux qu'une livrée Dont les merles riraient sous leurs mouvants abris.

Au lieu d'entretenir Cor a Pearl en cachette, Tu te promèneras avec la belle enfant Dont le rire amoureux fait un bruit de clochette, Et gui montre aux rosiers son corsage bouffant.

Répare tes erreurs par des erreurs nouvelles, Aime, bois sous la treille, et la Muse aux beaux yeui Que d'un poignet hardi, le soir, tu déchevelles, T'emportera d'un bond dans l'éther spacieux ! >

Cens graves, je ne puis encore être des vôtres. Mon nid m'attend au bois vert où je le suspends, Je ferme mon oreille aux voix de vos apôtres, « Je vous laisse et je reste avec mes chenapans. >:

Sans doute, je pourrais avoir plus de tenue, Etre moins débraillé, mettre un fichu décent A mes strophes qui vont parfois la gorge nue, Surtout lorsque juin fait le ciel incandescent ,

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