‹ Poésies complètes, avec préface, notes et glossaireChapitre 32 sur 72 · ÉPITAPHE DE FEU MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE DE FEU MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS

SONNET

1 LUS Mars que Mars de la Thrace, Mon père victorieux Aux rois les plus glorieux Ota la première place.

Ma mère vint d'une race Si fertile en demi-dieux, Que son éclat radieux Toutes lumières efface.

Je suis poudre toutefois, Tant la Parque a fait ses lois Egales et nécessaires ;

122 POésiBS DE MALHERBE.

. Rien ne m'en a su parer ; Apprenez, âmes vulgaires, A mourir sans murmurer.

A LA REINE, MÈRE DU ROI

Sur la mort de Monseigneur le duc d^Orléans.

SONNET

v^ONSOLEz-vous, Madame, apaisez votre plainte ; La France, à qui vos yeux tiennent lieu de soleil. Ne dormira jamais d'un paisible sommeil Tant que sur votre front la douleur sera peinte.

Rendez-vous à vous-même, assurez votre crainte. Et de votre vertu recevez ce conseil, Que souffrir sans murmure est le seul appareil Qui peut guérir l'ennui dont vous êtes atteinte.

Le ciel, en qui votre âme a borné ses amours,

Étoit bien obligé de vous donner des jours

Qui fussent sans orage et qui n'eussent pas d'ombre.

Mais, ayant de vos fils les grands cœurs découverts, N'a-t-il pas moins failli d'en ôter un du nombre Que d'en partager trois en un seul unfvers ?

POésiES DE MALHERBE. 12^

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