POUR LE MARQUIS DE LA VIEUVILLE
Surintendant des Finances.
SONNET
Il est vrai, la Vieuville, et quiconque le nie Condamne impudemment le bon goût de mon roi.
Nous devons des autels à la sincère foi Dont ta dextérité nos affaires manie.
Tes soins laborieux et ton libre génie, Qui iiors de la raison ne connoit point de loi, Ont mis fin aux malheurs qu'attiroit après soi De nos profusions l'effroyable manie.
Tout ce qu'à tes vertus il reste à désirer.
C'est que les beaux esprits les veuillent honorer.
Et qu'en l'éternité la Muse les imprime.
J'en ai bien le dessein dans mon âme formé; Mais je suis généreux, et tiens cette maxime. Qu'il ne faut point aimer quand on n'est point aimé.
FRAGMENT
ÏIt maintenant encore en cet âge penchant.
Où mon peu de lumière est si près du couchant. Quand je verrois Hélène au monde revenue.
En l'état glorieux où Paris l'a connue.
l66 POESIES DE MALHERBE.
Faire à toute la terre adorer ses appas.
N'en étant point aimé, je ne Taimerois pas.
Cette belle bergère à qui les destinées
Sembloient avoir gardé mes dernières années
Eut en perfection tous les rares trésors
Qui parent un esprit et font aimer un corps.
Ce ne furent qu'attraits, ce ne furent que charmes;
Sitôt que je la vis, je lui rendis les armes;
Un objet si puissant ébranla ma raison;
Je voulus être sien, j'entrai dans sa prison.
Et de tout mon pouvoir essayai de lui plaire
Tant que ma servitude espéra du salaire.
Mais comme j'aperçus l'infaillible danger
Où, si je poursuivois, je m'allois engager,
Le soin de mon salut m'ôta cette pensée ;
J'eus honte de brûler pour une âme glacée.
Et, sans me travailler à lui faire pitié,
Restreignis mon amour aux termes d'amitié.
ÉPIGRAMME
Pour mettre au devant de la Somme thcologique du P. Garasse.
lisPRiTS qui cherchez à médire.
Adressez-vous en autre lieu; Cette œuvre est une œuvre de Dieu:
Garasse n'a fait que l'écrire.