SCENE IV
Temples de l'indulgent Amour, demeures saintes, Parvis de cinname arrosés, Stèles de candeur toutes ceintes, Où sur la bouche d'or des molles hyacinthes Palpitent nuit et jour d'invisibles baisers, Salut, temples, forêts, soleil, mers lumineuses ! Salut, pourpris d'enchantement, Fleurs que les lèvres de l'amant, Dans la douceur du clos dormant.
Cueillaient aux lèvres des faneuses ! . . .
URGANDE, doucement ironique.
Volage ami, cœur vagabond, Je sais ! Je sais ! Mais à quoi bon Changer le cadre du poème ?
Ce que nous avons ici même, Pourquoi Taller chercher ailleurs Et se peut-il d'Édens meilleurs Que le nid tout fait où l'on s'aime ? Foin de ces amours de gala i Il y faut trop de remuages ; Quitte la lune : laisse-la Garder son troupeau de nuages.
Nous n'avons cure de ses soins :
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Gwion, pour s'aimer sans témoins, Crois-tu qu'on s'en doive aimer moins ?
GWION
Urgande, par pitié, cesse ces railleries !
Il n'est que temps. Déjà les métairies S'éveillent... Le coq chante... Ecoute !... Cependant La lune qui décroît va quitter l'Occident, Et, si nous refusons de partir avec elle, Tout chemin nous sera fermé ?
URGANDE
Que nous importe, ô mon aimé ?
GWION
Mais c'est le clos d'antan, le pourpris embaumé, Et le val et la source et les champs d'asphodèle, C'est tout l'Eden que nous perdons, chère infidèle, Si l'aube nous retrouve ici !...
URGANDE
Maigre souci !