‹ Poésies complètesChapitre 109 sur 115 · LE MANOIR · texte numérisé non relu

LE MANOIR

Mais toi qui viens si tard dans ma vie et qui portes, Comme une torche d'or, ta jeunesse à la main, Reste au seuil de mon cœur; ne franchis pas ses portes : Sois la passante du chemin.

Sois celle dont on dit : « Je l'eusse aimée » et celle Qu'on suit d'un long regard songeur, presque attristé, Puis qu'on oublie et qui pourtant laisse après elle Comme un sillage de clarté.

C'est assez pour mon cœur. L'ombre peut redescendre : Le vieux manoir perdu qui n'a plus d'habitants Gardera jusqu'au soir sur sa face de cendre Le reflet blond de tes vingt ans.

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