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SCÈNE IV

GWION

Urgande, par pitié, cesse ces railleries!

Il n'est que temps. Déjà les métairies S'éveillent... Le coq chante... Écoute!... Cependant La lune qui décroît va quitter l'Occident, Et, si nous refusons de partir avec elle, Tout chemin nous sera fermé!

URQANDE

Que nous importe, ô mon aimé?

GWION

Mais c'est le clos d'antan, le pourpris embaumé, Et le val et la source et les champs d'asphodèle, C'est tout l'Éden que nous perdons, chère infidèle. Si l'aube nous retrouve ici!,..

URQANDE

Maigre souci I

GWION

Quoi ! Tu renoncerais à la blanche demeure, A l'étang qui s'endort parmi les nénuphars? Tu leur préférerais ce ciel, ces flots blafards?

178 L'ILE DES SEPT-SOM M El LS

URGANDE

Hormis l'amour, tout n'est que leurre.

QWION

Ah! pour la préférer aux rivages vermeils, Aux flots bleus que le vol des palombes effleure, Ah ! tu ne connais pas l'île des Sept-Sommeils! Tu ne peux pas savoir quelle race l'habite, Le feu sombre qui couve au creux de son orbite, Son rire épais, ses travaux sans loyer. Et la Misère, éternelle Cassandre, Accroupie en robe de cendre Sur les dalles de son foyer !

URGANDE

Je connais tout cela, Gwion, et d'auh-es choses Encor. Mais que veux-tu? Je suis lasse des roses, Des jours d'or, des flots bleus, des pourpris irisés, Et je n'aspire plus, Gwion, qu'à tes baisers. Tu me les donneras ici. Quoi ! Tu t'effraies De me savoir parmi ces bonnes gens en braies, Ces îliens aux cous renflés, au sang fougueux. Toujours à labourer quelque océan, ces gueux Qui s'en iraient jusqu'en enfer d'une bordée! Moi, je les aime d'être ainsi. J'ai comme idée

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