‹ Poésies complètesChapitre 38 sur 44 · CONTE DE CARNAVAL · texte numérisé non relu

CONTE DE CARNAVAL

IGNONNE, allons voir si les huîtres Sont ouvertes au restaurant.

A ton amour j'ai quelques titres ;

Fixe ce soir mon cœur errant.

Il n'est genre de sacrifices

Que je n'accomplisse aussitôt ;

J'irai jusques aux écrevisses,

Je pousserai jusqu'au clicquot ! »

C'est un Pierrot couleur de neige Qui, dans ce style plein de feu.

Sur l'escalier d'un bal assiège Une Écossaise au noir cheveu.

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Après un bout de résistance,

— Juste ce qu'on doit à qui plaît, —

La belle, abrégeant la distance.

Lui dit : « Rattachez-moi mon plaid. «

Les voici tous deux tète à tête

Dans un cabinet, chez Verdier.

Le Pierrot, fier de sa conquête,

Déjà se sent irradier.

Sur la nappe aux effluves blanches

Il se couche, souple et fluet,

Et son bras dans ses longues manches

Exécute le moulinet.

Bientôt les plats aux plats succèdent ; Lesquels, je ne sais; les meilleurs !

Où sont les vertus qui ne cèdent Devant la trufte et les primeurs?

Le Pierrot avait le vin tendre ; Il veut se jeter à genoux.

Mais l'Écossaise-, sans l'entendre, Demande : « — Qiicl âge avez-vous? )>

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