CONTE DE CARNAVAL
« — Que t'importe, reine des brunes, Pourquoi me railler, farfadet?
J'ai vingt-deux ans, viennent les prunes. Les pKuncs d'Alphonse Daudet.
Laisse là tes mines hautaines.
Et viens, papillon voltigeant, Jusqu'au jour noyer tes antennes Dans le Champagne tapageant !
« Buvons! à toi, fille d'Ecosse!
Vierge rayée, à tes appas !
Cesse de me trouver précoce.
Héritière des Mac' Douglas !
C'est toi que mon œil dans ses rêves Cherchait du haut des belvéders.
Dame du lac ou fée aux grèves, Descendante des highlanders ! »
Et c'étaient des chants et des rires, Des grimaces, des bonds de faon.
Des Hî-, Lanibcrt! mille délires;
l(y2 CONTi: DE C AUX A VAL
«: Aimons-nous, hurlait-il, moqueuse !
Je l'ai juré, tu m'aimeras! »
L'Écossaise, silencieuse.
Buvait, et ne répondait pas.
Le Champagne, ardente marée,
Montait toujours (style Ambigu) ;
Et déjà sa vague dorée
Roulait le Pierrot éperdu.
- Encore un verre ! à toi, mauvaise ! »
Soudain, comme par un ressort,
Il retomba lourd sur sa chaise.
Le Pierrot était ivre-mort.
(( T'aimer? cervelle extravagante! « Longtemps rêveuse elle resta.
Puis, sa main fine qu'elle gante Vers la sonnette se porta.
« Six heures ! il faut que je parte ! Couchez monsieur sur le divan ; Cherchez soas sa veste une carte; Ramenez-le chez sa maman. »