‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 99 sur 110 · XV · texte numérisé non relu

XV

Ah ! combien depuis peu %onf partis pleins de vie ! Sous les cyprès anciens que de saules nouveaux ! * La cendre de Robert à peine refroidie, ''^ Béllîni tombe et meurL — Une lente agonie Traîne Carrel sanglant à l'éU^rnel re^s.

Le seuil de no'.re siècle est pavé de tombeaux.

Que nou» restera- t-il, si rpinbre insatiable , ^

Dès que nous Mtissons, vient tout ensevelir?

Nous qui .sentons déjà le sol si variable ,

Et , sur tant de débris, marchons vers Tavenir ,

Si lé vent sous nos pas balaie ainsi le sable,

De qËiel déyil le Seigneur veut-il donc nous vêtir?

, • XVÏI.

« Hélas! Marietta, tu nous restais encore.

Lorsque , sur le sillon , Toisèau chanté à Taurore ,

Le laboureur s'arrête , et, le front en sueur,

Aspire dans Tair pur un souffle de bonheur.

Ainsi nous consolait ta voix fraîche et sonore ,

Et tes chants dans, les cieux emportaient la douleur.

xvm.

Ce qu'il nous faut pleurer sur sa tombe hâtive , Ce n'est pas y Art éivin , ni ses savants secrets ; Quelqu'autre étudira cet art que tu créais ; C'est ton âme , Ninette , et ta grandeur naïve , C'est cette ^ix du cœur qui seul au cœur arrive ^ Que nul autre , après toi , ne nous rendra jamais.

Page 1