CONTES
Frère, mieux lui vaudrait, comme ce statuaire Qui pressait dans ses bras son amante de'pierre, Réchauffer de baisers un marbre^ mieux vaudrait Une louve affamée en quelque âpre forêt.
CtO que je dis ici , je le prouve en exemple. J'entre donc en matière, et, sans discours plus ample, Écoulez une histoire :
Un mardi, cet été, * :
Vers deux heures de nuit, si vous aviez été Place San-Bernardo, contre la jalousie D'une fenêtre en brique, à frange cramoisie , Et que , le cerveau mû de quelque esprit follet, Vous eussiez regardé par le trou du volet , Vous auriez vu , d'abord, une chambre tigrée, De candélabres d'or ardemment éclairée ; Des marbres, des tapis montant jusqu'aux lambris; Çà et là , les flacons d'un souper en débris; Des vins, mille parfums; à terre, une mandore Qu'on venait de qtïitter gt frémissant encore , De même que le sein d'une femme frémit Après qu'elle a dansé. — Tout était endormi ; La lune se levait ; sa lueur souple et molle , GlisBaijt aux trètles gris de l'ogive espagnole. Sur les pâles velours et le marbre changeant Mêlait aux flammes d'or ses longs rayons d'argent ; Si bien que , dans le coiii le plus noir de la chambre', Sur un lit incrusté d» bois de rose et d'ambre , En y regardant bien , frère , vbus auriez pu "
Dans l'ombre transparente entrevoir un pied nu. -r Certes, l'Espagne est grande, et les femmes d'Espagne Sont belles ; mais il n'est château , ville, ou campagne. Qui, contre ce pied-là, n'eût en vain essayé (Comme dans Cendrillon) de mesurer un pied.
11 était sî petit, qu'un enfant l'eût pu prendre
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CONTES D'ESPAGiNE ET D'ITALIE. 11
Dans sa main. — N'allez pas, frère, vous en surprendra ; La dame dont ici j'ai dessein de parler Était de ces beautés qu'on ne peut égaler :
Sourcils noirs , blanches mains, et, pour la petilessc Doses pieds, elle était Andalouse , et comtesse.
Cependant les rideaux , autour d'elle tremblant , La laissaient voir pâmée aux bras de son galant; (Eil humide, bras morts, tout respirait en elle Les langueurs de l'amour, et la rendait plus belle. Sa tête avec ses seins roulaient dans ses cbevcux ; Pendant que sur son corps mille traces de feux , Qpe sa joue empourprée , et ses lèvres arides , Qui se pressaient encor , comme en des baisers vides, Et son coeur gros d'amour, plus fatigué qu'éteint , Tout d'une folle nuit Vous eût rendu certain. Près d'elle , son amant , d'un œil plein de caresse , Cherchant l'œil de faucon de sa jeune maîlresse , Se penchait sur sa bouche, ardent à l'apaiser. Et pour chaque sanglot lui rendait un baiser. Ainsi passait le temps. — ^uf la pl^ce moins sombre. Déjà le blanc matin faisaçi grisonner l'ombre, L'horloge d'un couvent s'ébranla lentement; Sur quoi le jouvenceau courut en un moment , D'abord à son habit , èiisuile à son épée; Puis, voyant sa îfçautéde pleurs toute trempée : « Allons, mon adorée, un baiser, et bonsoir!
— DéR partir, méchant! — r Bah! JG viendrai vous voh* D^ain, midtsohnant; adieu, mon amoureuse!
— Don Paez! donl^jaezl €erte , elle est bien heureuse La galante pour qui vous me laissez sitôt.
— Mauvaise! vous savez qu'on m'attend aru château. Ma calante », ce soir , mort-Dieu ! c'est ma guérite.
— Eh! pourquoi donc alors l'aller trouver si vite? Par quel sermei^t d'enfer êtcs-vous donc lié? .
— Il le'fautj Laisse-mor baiser Ion petit pied!
— Mais regaïëez un peu, qu'un lit de bois de rose , Des fleurs , une maîtresse , une alcôve bien close , Tout cela ne vaut pas , ptfôr un fin cavalier,
. Une vieille guérite au coin d'un vieux pilier!
— La belle épaule blanche , ô ma petite fée !
» Voyons, un beau baisert — Gomme je suis coiffée ! Vous êtes un vilain. — La paixl Adieu, mon cœur; lia, là, ne faites pas ce petit air boudeur.
Demain c'est jour de fête ; un jour de promenade , Yeux-tu? — ^Non, ma jument anglaise est trop malade:
— Adieu donc; que le diable emporte ta jument!
— Don Paezl mon amour, reste encore un moment.
— Ma charmante, allez- vous me faire une querelle? Ahlje m'en vais si bien vous décoiffer, ma belle, Qu'à vous peigner , dejpciain , vous passerez un jour !
. — Allez-vous-en , vïlàfn ! — Adte^^,'iTion seul amour !
Il jeta son manteau sur sa moustache blonde , Et sortit; l'air était doux, et la nuit profonde; Il détourna la rue à grands pas , et IcrbrQîi De ses éperons^d'or se jg^rdit ^ans la nuit.
Oh ! dans^ette saison de verdeur et de force , Où la chaude jêunessç., arbre à4a rude écorce , ^Couvre tout 4i son ombrej horig^n et chemin , Heureux, heureux celui qui f#9ppe de la iiiain Le col d*un étalon réfif, ou qui caresse
' Les seits élincolants d'une folle maîtresse' . '
■ Don Paez, J'arme au bras , est sur les 2^*senau\ ; Seul, en silenlfe, impasse a\\ revers des créneaux; "^
CONTES D'ESPACySE ET D'ITALIE. \:]
On le voit comme un point; il fume son cigara
En rente, et d'heure en heure, au bruit de la fanfaiv ,
n mêle sa réponse au qui-\ive ofTrayant
Que des lansquenets gris s'en vont partout criant.
Près de lui , çà et là , ses compagnons de guerre ,
Les uns, dans leurs manteaux , s^endormani sur la tei-ro,
D^autres jouant aux dés. — Propos , récits d'amours ,
Et le vin ( comme on pense ) , et les mauvais discotns , -
N'y manquent pas. — Pendant que Tun fg^t , après boiro,
Sur quelque brave Jille une méchante histoire,
L'autre chante à demi , sur la table accoudé.
Celui-ci, de travers examinant son dé,
A chaque coup douteux, grince dans sa moustache.
Celui-là , relevant le coin de son panache ,
Fait le beau parleur, jure; un autre , retroussant
Sa barbe à moitié grise, aiguisée en croissant,
Se verse d*un poignet chancelant, et se griso,
A la santé du roi , comme un chantre dVglise.
Pourtant ifn maigce suif, allumé dans un coin ,
Chancelle sur la nappe à chaque coup de poing.
Voici donc qu'au milieu des rixes , des injures.
Des bravos, des éclats qu'allument les gageures,
L'un d'eux : — « Messieurs, dit-il, vous êtes gens du ici,
Braves gens , cavaliers volontaires. — Bon. — Moi ,
Je vous déclare ici trois fois gredin et traître
Celui qui ne va pas proclamer, reconnaître
(}ue les plus belles mains qu'en ce chien de pays
On puisse voir encor de Burgos à Cadix ,
Sont celles de dona Cazales , de Séville,
laquelle est ma maîtresse, au dire de la ville ! h
Ces mots, à peine dits, causèrent un haro Qui du pBOchain couvent ébranla le carreau. * 11 n'eti fut pas un seul qui de bonne fortune Ne se dît passé maître et n'en vantât quelqu'une : Celle-ci pour ses fficds, celle-l^ pour ses yeux ;
L'untrc e'étail la (aille, et Taulre les cheveu*.' .Don Pncz, cepcndoutideGout et sans parole, Sout^ait; car, le.sciu plein d'une ivrâsc folle, "
Il »c polirait fermer «es paupières, sans voir ^ lïiaitroije passer, blanche avec un œil noir !
— ji MessicLirS, cria d'abord notre moustache rousse, \a petite Incsille est la peau la plus douce Où j'uie encor ffolté ma barbe jusqu'ici.
— Monsieur, dil un voisin, rabaissant son sourcil,
tas l'Arabelle ; elle est brune tuant â moi ,ie n'en puis citer une , li trois. — Frères, cria de loin bleu qui dormait dans du foin , je rêvais à ma belle, ibaud ! dirent-ils; quelle est-elle?
;ié : — Par Dieu , c'est l'Orvado, ce San-Bernardo. n
aez l'entendit; et, la Révrc eux , il se mordit la lèvre :
lâcher quatre mots imprudents , car tu mens par tes dents!
La comtesse Juaua d'Orvado n'a qu'un maître;
Tu peux le regarder, ai tu ïeui le connaître.
— Vrai? reprit le dragon; lequel de nous ici
Se Irompe? Elle est à moi , cette comlesse, aussi.
— Toi? s'écria Paez; mousqueton d'ècuric, Prendral-tu ton épée, ou s'il faut qu'on t'en prie? Elleest-à toi, dis-tu? Don Ëtur, sais-tu bien
Que j'ai suivi quatre ans son ombre comme un chien? Qe que j'ai fait aiosi , penses-tu que le fasse Ce peu de hardiesse empreinte sur ta face , Lorsque j'en saigne encore , et qu'à cotte douleur ' J'ai pris ce que mon front a gardé de pâleur?
— Non; mais je sais qu'en tout, bouquets et sérénatles,
Elle mVbieiS coiUé deux ou trois cenls cruzados.
— Frère , ta laague est jctuneTt facile à mentir.
— Ma m^in est jeiyie aussi , frère ^ et rude à sentir.
— Que je la sente dq;ic y et garde que la boticho * Ne se rouvre une fois^ siii^n je \^ la bouche
Avec ce poignard , Xraftre, afin d'y renfoncer Les faussetés d'eafer qui Voudraient y passer.
— Oui-da ! celui qui parle avec tant d'arrogance , A défaut de son droit, prouve sa confiance;
Et quand avons-nous vu la belle? Justement Cette nuit?
— Ce matin.
— Ta l^vre sûrement N'a pas 4e ses baisers sitdt perdu la trace?
— Je vais te les cracher, si lu v«ux , à la face.
— Et ceci/ dit Étur, ne t'est pas idconnu? »
Commua cette parole il montrait son sein nu , Don Paez sur son cœur vit une mèche noire • Que garduitsous du verre un médaillon d'ivoire; Maïs dés que son regard , plus terrible £t plus prbmpt Qa'une^flèche , ^t atteint le redoutable do^ , Il recïtlla-soudain de douleus et je haine , Comme-4in taureau qu'un fer a piqué dans Tarène :
— « Jeune homme', cri^-t-il , as- tu dans quelque lieu Une mère y i|ne femme? ou croisrtuj|)as en Dieu?
•Jure-moi gar ton Dieu, parla mère et ta femme, ' Bar^toMti^e gue tu crains , par tout ce quer ton âme Peut avoir (Jlp^Rdcur, de franchise et de foi , ^pre que ces chjgvçux sont à'^toi ] rien qu'à toi ! Que tu ne les a pas vol^Ji ma maîtresse , Ni tit»uvQS, *- ni cou])é8 par derrière â.Ja m^se?
— J'en jure; dij^l^nrant^ ma* pipe. et mon poignard. •
— Biea ! reprit don .Paez le traînant à l'écaçt , '
Viens ici; je te crois quelque vigueur à l'Htie.' *
Eh as- tu ce qu'il faut potfr,tu^> une femme?
— Frère , dit don Ktur, i'en ai trois Çpi§ assez t
Pou^ii donner leur pttiment à tojis serments faussés.
— Tu vi)is, prit don Paej^qu'iWaut^qu'un de nous meure.
#uiÉts doiie que eelfiii qUjii sera dai|S iine heure
Deboil, et quiverft le soleil d& demain ,
Tuera la Juana d'Orvado de samain.
.. — Tope ! dit Je dragon , et qu'elle mteure , comme
11 est vrai qu'elle va causer la mort d*un homme. »
Et sans vouloir pousser son discours plu^ avlinl , Comme il disait ce mot il mit la dague an vent.
r Comme on V9it ^ans Tété , sur les herbes fauciiées ,
Deux louves .Yemuant les feuilles dess^bées, S'arrêter face à face et se montrer la dent ;
' La rOjge les excite a A combat; cependant \ Elles tournent en ronè lentement, eUs'attendent; Leurs mufles amaigris l'un vers l'autre se teildent : Tels , et se renvoyant de plus sombres regards , Les denx rivaux , penchés sur le bord des reqo^aMs, S'observent; -r9>&r instant entre leu&main rapide S'allume sQus l'acier wklair hoitiicidç^ ' •« I!à.Qdi&'qu'â la lueur ^ffiPflajnbeaui incertains- * Tous viennent à voix basse agiter leurs destins.^
' Eux ^ muits , l^letant *vers une mort hâtive , Pareils à des pêcheurs ^courbés sun une rive, ' Se poussent à l'attaque fet,«prompt8 à riposter, Par l'injure «t le fer tâchent de s'exciter. ' « . , • Étur est plus ardent ,*mais don Paez pli4| ferme\
^ Ainsi que sous scm ailerun'tprmoraa s'enferme , ^ ' Tel il s'est énferm^^us sa da|;ue ; '— le mur «
Le soutieni; à le'^ir, on dirait à\;oun sûi* „ • Une pierri^de plus dgns Ils pierrei got^iqtites * Qjjf'agtiiht l^ falots en spfttres fantastiques.
Il altêncL — Pour Étur, tantôt d'uu pied hardi, Comme ud jeune jaguar en criant il bondit; Tantôt calme à loisir , il le touche et le raille , Comme pour Texciter à quitter la muraille.
Le mauéffe fut long. — Pour plus d*ua coup perdu , Plas d'un hien adressé fut aussi bien rendu , Et déjà leurs cuissards, où dégouttaient des larmes, « LaissaieutvoirclairementquUlssaignaientsous leurs armes. Don Paez le premier, parmi tous ces débats « Voyant qu'à ce métier ils n'en finissaient pas :
— A toi, dit-il, mon brave !^et que Dieu te pardonne! Le coup fut mal porté, mais la botte était bonne; Car c'était une botte à lui rompre du coup ,
S41 Tavait attrapé, la tête avec le cou.
Ëtur l'évita donc, non sans peine, et l'épée Se brisa sur le sol , dans son effort trompée. Alors chacun saisit au corps son ennemi , Gomme après un voyage on embrasse un ami.
— Heur et malheur! on vit ceslleux hommes s'étreindre Si fort, que l'un et l'autre ils faillirent s'éteindre,
Et qu^à peine leur cœur eut pour un battement Ge qu'il fallait de place en cet embrassement. — 'Effroyable baiser! — où nul n'avait d'envie Que de vivre assez long pour prendre une autre vie; Où chacun , en mourant , regardait Fautre , et si , En le faisant râler , il râlait bien aussi ; Où pour trouver au cœur les routes les plus sûres. Les mains avaient du fer, les bouches des morsures.
— Efrrx)yable baiser 1 — Le plus jeune en mourut. Il blêmit tout à coup comme un mort, et Ton crut. Quand on voulut après le tirer à la porte ,
Qu^on ne pourrait jamais, tant l'étreinte était forte,
Des bras de .l'homicide ôter le trépassé.
— G^est ainsi que mourut Étur de Guadassé.
Amour, Iléau du monde, exécrable folie,
Toi qu'un ]ien si frêle à la volupté lie,
Quand par tant d^autres nœuds tu tiens à la douleur,
Si jamais, par les yeui d'iiae femme sans cœur,
Tu peux m^entrer au ventre et m'empoisonner Tâme,
Ainsi que d'une plaie on arrache une lame
(Plutôt que comme un lâche on me voie en souffrir),
Je f CD arracherai , quand j^en devrais mourir.
ui. ^
ConnaUriez-vous point, frère, dans une rue Déserte, une maison sans porte, è moitié nue, ' Près des barrières, triste? — On n'y voit jamais rien , Sinon un pauvre enfant fouettant un maigre chien; Des lucarnes sans vitre, et par le vent cognées, Qui pendent comme foij^t des toiles d'araignées; Des pignons'délabrés , où glisse par moment Un lézard au soleil; — d'ailleurs nul mouvement. Ainsi qu'on voit souvent, sur le bord des marnicrcs, S'accroupir vers le soir de vieilles (îlaudiéres Qui , d'une main calleuse agitant leur coton , Faibles, sur leur genou laissent choir leur menton; De même Ton dirait que, par l'âge lassée.
Celte pauvre maison , honteuse et fracassée.
S'est accroupie un soir au bord de ce chemin. C'est là que don Paez, le lendemain matin , Se rendait. — H monta les marches inégales.
Dont la mousse et le temps avaient rompu les dalles. — Dans une chambre basse après qu'il fut entré-, Il regarda d'abord d'un air mal assuré.
Point de lit au dedans. — ^Une fumée étrange Seule dans ce taudis atteste qu'on y mange.
Ici, ideux grands bahuts, des tabourets boiteux.
CONTES DJBSPACS^ ET D-^TAUE. '^ 19
CaasanWi lôul pcopos quaitd on s'a^oil sui' en\ ; ^ >:- — Ilfs potg}* — jniile hailtoift* — et sur la cLciiiiiK-ov ' Oùtihaolenljcs grtflons la nuit eL la joftrni-e, Quatre raécht rîprî-aci^pjil
Des faces qui Satan. .
—Femme, d —Sur la porte
P:eD(latt an vi se, en sorti! .
Que le jour ei anoïi\p;
Pour l'ébarlei brns.
— Entre, i 'reilloc.
Suruti mauvais grabat, de tomlwaui habilite, Une femmej pieds uns, découverte A inoitié, .
Crsait. — C'était horreur de la loir, — et pitié. Peut-être qu'à vingt ans Hle avait élà belle; Mais un précoce autoniDe avait passé sur elle ; Et noire comme elle est, en dirait A son teint Que sur son.frunthâlé ses cheveux ont déteint. *
A dire vrai , c'était une tille de joie.
Vous l'eussiez vue un temps «n basquine de soie , Et l'on se retournait quand, avec son fjrelot, l^a Delisa passait sur sa mule au galop.
C'étaient des boléros, des (leurs, des mascarades. ' ,
Ia misère aujourd'hui la prise, — i.es akades , Connaissant le taudis pour trist«et mal liante, lia laissent sous son toit mourir par charité. La, depuis quelques ans, elle traîne une vie Que soutient à grand'pRine une sale industrie; Elle passe à Madrid pour sorcière , et tes |^ns Du peuple vout Ea voir à l'insn des sergents.
Don Paei, cependant, IiMIantû sa vue.
Elle lui "tend les bras , et sur sa gorge nue. Qui se levait cncor pour un einbrassemeni , l^le veut l'attirer. —
Uualrc mots seuleinenl,
OUstje lie yeûi Ae toi ni co'iHe ni inansoi^c.' ' ' ,
gs^'ll'
fille de t4oTidB[ —
sa peine
Ta haioe? Ah ! je comprends. — C'est quelque trahison ; ,Ta belle t'a fait Taute, et tu veux du poison.
, Du poisoQ , J'en voûtais d'abord, — Hais la blessure ^U'un poignard est, je crois, plus profonde A plus sâre.
Mon fil;, (a iiiaiti est faible encor; — lu manqueras Ton coup, et mon poison ne le manquera pas.
, 'Kegarde comme il est termeil; il donne en>je D'y goûter; on dirait que c'est de l'eau-de-vie.
Non. — Je ne voudrais pas, vois-tu, la voir i&ourîr
Empoisonnée; — on a trop longtemps à souffrir.
Il faudrait rester là deiin heures, cl pcitt-êlre
L'achever. — Ton poison , c'est une arma de traître;
C'est un chat qui inutile et qui tue à plaisir
Un misérable rat dont il a le loisir.
El puis cet attirail , cette mort si cruelle ,
Ces sanglots, ces hoquets.— Non, non;— elle «('trop belle!
Elle mourra d|un coup. —
.-eOSTES D'ESPAGNE ET D'ITALIE. a
Ëcaute. — A-ton raison de croire â la vertu Dca Ultrcs? — Dis-moi vrai.
Voia-tu sur celte pliDcbe Ce tlacon de couleur brune, où trampe une branche ? Approches-en ta lèvre, el lu sauras après Si \es discours qu'on tient sur les Gllrea sont Trais.
Donne. — le vais l'ouvrir ici toute "■"" *■"" ■
Après tout, vois'lu bien, je l'aime
Un cep, depuis cinq ans planté dai
Tient encore assez ferme à qui vet
C'ast ainsi, Belisa, qu'au eœurtie
Tient el résiste encor celtc'amouri
Quoi qiTil en soit, il faul que je fr
De IremMer devant elle., — .