BEL ISA
Aa-tu si peu de cœur?
Es-tu bien sûr de toi? S!iis-tu ce qu'il t Pour boire ce breuvage?
En meurt-
Toufd'tAordUipramê priâ^âe vin. — Tu seiiliras Tous les esprits flottants, comntt une langiietu' sou Jusqu'au fond ae les os, et ta tête si lourde Que tu la,ch>iras prêteù choir à chaquapas. -*- -,
22 POÊgES. «.
Te» yeuï se Passeront, — et to l'endormiras, — Haisd'unsoniirieildeplomb,— sansmouvcmeiit, sans révp. .C'est pendant ce moment que le vliarme g'achcvc. J)c» qu'il aura cessé, mon lils, quand lu serais Plus cassé qu'un vieillard, ou que dnns les forêts Soiitcesvieui sapins morisqu'en marchant le pied brise, Et que par les fossés s'en ïa poussant la bise. Tu sentiras ton cc^ur bondir de volupté , Et les anges du ciel marcher à ton côté 1
Et sourrre4-on beaucoup pour ei
BELISt.
D. PiEZ.
noi ce flacon. — Meurt-oi
BELISÏ*' ,
• Le flacon
Vide, il le repfta sur le bord du balcoii. — Puis tout à coup, stupide, il tomba sur la dalle, ■• Comme un ei^at blessé que renverse une balle. '-^ Viens, dit la Belisa l'allirant, viens dormir Dans mes bras, et demain tu viendras y mourir.
Comme elle est belle au soir, aux rayoRs delà lut .Pi'iS'>|ui »ur sou col bbnu sa chetelure brulh;!
Sous la trewe d'ëbène oo dirait, à la voir, UnH jeune {yierrièr« a\ec un casque noiri Sun ïoile déroule plie et s'alTaiBse à lerre. Comme elle est belle et noble ! et comme , avec mystère, L'allenledu plaisir et le moment venu Font sous son cQUlcr d'or frissonner son sein nu ! Elle écoute. — Déjà, dressant mille TantAmes, La nuit comme un serpent se roule autour des ddmes ; Madrid, de ses mulets écoutant les grelots, Sur ène ses Talots.
— n rumeurs éloufTées, La T >alais de fées ,
Et qi inl les clochers
Sont illets accrochés.
La s< jalousie,
Collant son front rêveur à sa vitre noircie , Tressaille chaque foisque l'écho d'un pilier Répète derrière elle un pas dans l'escalier.
— Oh I comme à cet instant bondit un cœur de feihme ! Quand l'unique pensée où s'abSme son Ame
Fuit et grandit sans cesse , et devant son désir Recule comme une onde, impossible â saisir!
Alors, le souvenir excitant l'espérance , L'attente d'être heureui devient une souflhmce ; El l'œil ne sonde plus qu'un gouflre ébiouisMnl , Pareil à ceux qu'en songe Aligbieri descend.
Silence I — Voyei-vou», le long de celte rampe. Jusqu'au faîte en grimpant tournoyer une lampe? On s'arrête; — on l'éteint. — Un pas précipité Retentit sur la dalle , et vient de ce càté.
— Ouvre la porte, Inès I et vois-tu pas, de grâce , Au bas de la poterne un manteau gris qui passe ? Vois-tu sous le portail marcher un homme armé? C'est lui, c'est don Paei! — Salut, mon bien-aimé!
Salut ; — que le 9V{;neur vons tienne sous son aide.
Êles- vous donc si laa, Paez, oo fluis-je laide ^>' Que vous ne Teoei pas in'embrasser aujaunrtiui ?
J'ai bu de l'eau-de-vie à dtner , je ne puia.
Qu'avez-vous, mon amour? pourquoi fermer la porte Au verrou? doD Paez a-l-il peur que je sorte?
D. PiEZ
C'est plus aisé d'entrer que de «
Vous Êtes pâle, à ciel! Pourquo
Tout A l'heure, en venant, je so Qui trahit sou amour, luHua, doit av«ir l'Ame Faite de ce métal faui dont sont fabriqués La mauvaise monnaie et les écus marqués.
Vous svei hit un rêve aujourd'hui , je suppose?
D. thtz.
Un rêve singulier. — Donc, pour suivre la chose, Cel|a femme-li doit, disais-je assurément, Quelquefois se méprendre et se tromper d'anmnt.
H'oubliei-vous , Paei,«t l'endroit où noussommes?
C'est un péehé mortel , Juana , d'aimer deui hommes.
Hélas! rappelei-TAiis que vous paries à moi.
D. PIEI.
Oui , je me le rappelle ; oui, par la sainte foi,
CONTES D'ESPAGNE ET D'ITALIE. 2o
JCANA.
Dieu! ¥rai Dieu! quelle folie* étrange Vous a frappé l'esprit , mou bien-aimé I mon ange ! C'est moi , c'est ta Juana. — Tu ue le connais pas Ce nom qu'hier encore tu disais dans mes bras? Et nos serments , Paez , nos amours inOnies I Nos nuits, nos belles nuits ! nos belles insommies ! Et nos lafmes, nos cris dans nos fureurs perdus I Ah! mille fois malheur I il ne s'en souvient plijis!
Et comme elle parlait ainsi , sa main ardente Du jeune homme au hasard saisit la main pendante. Vous l'eussiez vu soudain pâlir et reculer, Comme un enfant transi qui vient de se brûler.
— Juana , murmura-t-il , tu Tas voulu ! Sa bouche N'en put dire plus long ; car déjà sur la couche
Ils se tordaient tous deux, et sous les baisers nus Se brisaiçnt les sanglota du fond du cœur venus. Oh ! comme, ensevd^ dans leur amour profonde, * Ils oubliaient le jour, et la vie , et le monde ! C'est ainsi qu'un nocher, sur les flots écajQdeux, Prend l'oubli de la terre à regarder les cîeux I
Hais, silence! écoutez.r— Sur le sein qui se froisse, Pourquoi ce sombre éclair, avec ces cris d'angoisse ? Tout se tait. — ui les trouble, ou qui les a surpris? *"
— Pourquoi donc cet éclair, et pourquoi donc ces cris?
— Qui le saura jamais? — Sous une nue obscure La lune a dérobé sa clarté faible et pure. —
Nul flambeau , nul témoin que la profonde nuit Qui ne raconte pas les secrets qu'on lut dit.
— Qui le saura? — Pour^moi , j'estime qu'une tombe Est un asile sûr où l'espérance tombe ,
Où pour l'étecpité l'on cij^ise les deux bras , Et dont les endormis, ne se réveillent pas.
LES MAREONS DU ÎEV.