‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 44 sur 110 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

'^ ' MONTAGNARDS , pOSiHnt, -*

CHAIfSOlf DE CHASSB,DAI7S LE LOUfrAIH.

Chasseur, hardi chasseur, que vois-tû dans l'espace? Mes ehient grattent la terre et rherchent une trace.

Debout, mes cavaliers, cllest le pied du chamois. — I^e channois s'est levé. — Que ma mnircsse est belle l — LiQ^hamois tremble et fuit. — Que Dieu veille sur elle! — «Le chamois Tompt la meute et s'enfuit dans le bois. — J#.voudrais par la main tenif nfa belle amie. — 'La meute et le chamois traverseot la prairie : "

Hallali , compagnons , la victoire est à nous ! — Que ma maîtresse ^ belle, et que ses yeux sont doux !

LE CHOEUR

Amis, dans ce palais, sur la place où nous sommes,

Respire le premier et le dernier des hommes,

F«ank, qui vécut vingt ans comme unharcii chasseur.

Aujourdîiui dans les fers d'une prostituée,

Quç fait-il?^ Nuit et jour cette enceinte est fermée.

La solitude <y règne , image de la mort. t*

Quelquefois seulement , quand la nuit est venue,

On voit à la fenêtre une femme inconnue

Livrer ses cheveux noirs aux ^onts affreux du nord.

Frank n'est plus! sur les monts nul ne Ta vu^araître. Puisso-t-il s'éveiller ! puisse-t-il r^onnaitre La voix des temps passés 1 — Frères , plemrons sur lui. Chyles ne viendra plus , au joyeux hallali , Entouré de ses chiens, sur les herbes sanglantes, Découdre , les bras nus , les biches expirantes , S'asseoir au rendez-vous , et boire dans ses mains La neigç des glacy^rs, vierge de pas humains.

^ SCÈNE IIL ' : *

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