LXV II
Ceci pourra sembler fort citraordin El j'en sais qui riront d'uu système
Msi^ il parait qu'Hassan se croyait au contraire ^ L'honfhic le plus heureux qui fût sous le soleil. Ainsi donc pour l^instant, lecteur, laissons-le faire. Le voilà, (et qu'il est, attendant le sommeil.
LXViU.
Le sommeil ne vint pas, — mais cette douce ivresse Quftemble être sa sœur, ou plutôt sa maîtresse; . Qui, sans fermer les yeux, ouvre Tàme à Toubli; Cette ivresse du cœur, si douce à la paresse, Que, lorsqu'elle vous quitte, on croit qu'on a dormi; Pâle comme Morphée, et plus belle que lui.
C'est le sommeil de l'âme et Jion du corps. — On fume, On se remue, on bâille', et cependant on dort. On se sent très-bien vivre, et pourtant on est mort. On ne j)arlerait pas d'amour, mais je présume Que Ton serait capable avec un peu d'effort... Je crois qu'une sottise est au bout de ma plume.
Âvez-vous jamais vu , dans le creui d'un ravin , Un bon gros vieux faisan , qui se frotte le ventre, S'arrondir au soleil, et ronfler comme un centre? Tous les points de sa boule aspirent vers le centre. On dirait qu'il rumine, ou qu'il c^ive du vin. EnQn , quoi qu'il en soit, c'est un état divin.
Lecteur, si tu t'en vas jamais en Terre-Sainto, Regarde sous tes pieds, tu verras des heureux.
Ce sont de vieux fumeurs qui dorinenl dttiis Teiiceiiite Où s'élevait jadis la cité des Hébreux.
Ces gens-là savent seuls vivre. et mourir sans plainte : Ce sont des mendiants qu'on prendrait pour des dieux.
Ils parlent rarement, — ils sont assis par terre, Nus ou déguenillés, le front sur une pierre , N^ayant ni sou ni poche, et ne pensant à rien. Ne les réveille pas; ils Rappelleraient chien. Ne les écrase pas; ils le laisseraient faire. Ne les méprise pas; car ils te valent bien.
C'est le point capital du mahométanisme De mettre le bonheur dans la stupidité.
Que n^en est-il ainsi dans le christianisme!
^en citerais plus d'un qui l'aurait mérité, Et qui mourrait heureux sans s^en être douté 1 Diable ! j'ai du malheur, >- encor un barbarisme;
On dit mahométisme , et j'en suis bien fâché. H fallait me lever pour prendre un dictionnaire, Et j'avais fait mon vers avant d'avoir cherché. Je me suis retourné, —^ ma plume était par terre. J'avais marché dessus, — j'ai soufflé de colère Ma bougie et ma verve , et je me suis couché.
Tu vois, ami lecteur, jusqu'où va ma franchise. Mon héros est tout nu, ^ moi, je suis en chemise.
Je jwussc la catiilcur jusqu'à rentrctciiir * D^ilii 0i^<{ji'in domestique. — Où voulais-jc en veiiif? Je ne.saîs vraiment pas comment je vais finir. Je suis Comme Énëas portant son père Auchise.
Ënëas s'essoufflait , et marchait è grands pas. Sa femme à chaque Instant demeurait en arrière. « Créuze, disait-il, pourquoi ne vienis-lu pas? » Créuze répondait : « Je mets ma jarretière. » — «.Mets-la donc, et suis-nous, répondait Ênéas. Je vais , si -lu ne viens, laisser tomber mon père. »
Lecteur, nous allons voir si tu comprends ceci. Anchise^ c'est mon poème; et ma femme Créuze Qui va toujours traînant en chemin, c'est ma muse. Bile s^'en va là-bas quand je la crois ici.
Une pierre l'arrête, un papillon Tamuse.
Quand arriveroDs-nous si nous marchons ainsi?
Énëas, d'une part j a besoin de sa femme.
Sans elle, à dire vrai , ce n'est qu'un corps sans âme, Anchise, d'autre part, est horriblement lourd. Le troisième péril , c'est qu* Troie est en flaitime. Mais, dès qu'Anchise grogne ou que sa femme court, Lnéas est forcé de s'arrêter tout court.
ÇJTAxNT DEUXlRiU:.-
Eli bien ! en vérilé , les soU auront beuu diro , ' > '
QuoiiJ oil n'a pas d'nt^ciil, u'esl amusant d'ùvrirc. Si t'«t un passe-temps pour se désennuyer, .*
Il vaut bien lu bouillolle; et si c'est un métier, Peul-élre qu'après laut ce n'eu est pas iin pir* Que (ille enti«[cnue, avucut ou portier.
J'aime surlonl les vers , — celte langue immopRlle.' C'est peut-dire un blasptièinc, et je l« dis tout faks; Mais je l'iiime à la rage. EUIe a cela pour elle Que les sois d'aucun temps n'en ont puïairc cas, Qu'elle' nous vient de Di»u , —qu'elle est limpide «1 belle, Que le monde l'entend , et ne lô parle pas. *
Eh bien t sachez-le Mettre viit)K scalpel Vous qui cherche); Comme un amani Sur un billet d'am< Etr^vc, en1cli«ail
SachSz-le , — c'est le vteur qui parte et qui «oiipîre Lorsque la muiii écrit , — c'est le cœur qui se fond ; C'est le Meurqui s'étend , se découvre et respii*», Comme un gat pèlerin ifir le sommet d'un mont. f^t ptHBsiez-vous trouver , quand vons en voudivz rirt A'Ûpecer nos v< s nous fonl.
Qu'importe leur est toujours belle,
Même pour l'insensé, même pour l'impuissant; Tiar sa beauté pour nous , c'est notre amour pour elle. MoMlêz et croassez , corbeaux , battez de l'aile ; Le poêle èsi au ciel , et lorsqu'cn vaus poussant
■ ihvous y (ait mouler, c'est qu'il en redescend.