MUSICIENS
Allegro, seigneur!
( Hittsique. ) l'abbé.
Je ne vois rien A iîclle fenêtre, — Hum !
{La niUsique continue,) Point. — C'est une bafbare.
40 l>^SIES.
— Rien ne bouge. — Alloi» , toi , donne-moi la guilare.
(ÏJ prend «ne gtiitare. ) Fi doDct pouah!
(J1«R prend un« aaire.) Hunil je «ais Aanle^j nwî. — Ces marauds Sesonldonué, jecroip, le mol pour chanter faux. (Il chant*. )
^um! mi, mi, Ift.
{lUhantt.)
' Dttant dcpclos, nwntmDiir...
Vjt,tisi.,toTtantds\qmaUo<n^ t'arrilt iw( Upa» delà porte.
Ablahl monsieur l'abbé - Besidcrio ! — Parbleu ! tous êles mal lombé. .
Hal tombé, monsieur ! — Mais, pas si,tnal. le^yous chasse, Peut-èlre?
hafael. '
Point du tout;')* ïoijs laisse la ptbce.
Sur nia parole, elle est boime à prendre, et, de plus. Toute chaiide.
■ l'abbé. ■ -
Monsieur, fnooeieurf pour faire abus'
Des oreille d'un homme, il ne faut pas une heure — Il ne faut qu'un mot.
RÂFÂEL.
Vrai? j^aurais cru , que |li meure, Les vôtres sur ce point moins promptes , aux façons Dont les miennes d^abord avaieut pris vos chansons.
l'Abbé.
Tête et ventre, monsieur! faut-iî qu'on vous les coupe?
RAFAËL
Là, tout beau , sire ! Il laut d'abord , moi , que je soupe. Je ne me suis jamais bo^u sans y voir clair , . Ni couché sans souper.
l'abbé.
Pour quelqu'un du bel air , Vous sentez le mauvais soupeur , mon gentilhomme.
( Le touchant. )
Cevieui surtout mouillé! Qu'est-ce donc qu'on vous nomm<ï?
RAFAËL
On me nomme seigneur Vide-bourse , casseur De pots; c'est, en anglais, blockhead; maître tueur D'abbés. — Pour le seigneur Garuci , c'est son père Le plus communément qui couche avec ma mère.
l'abbé.
S'il y couche demain , il court , je lui prédis , Risque d'avoir pour femme une mère sans (ils. Votre logis?
RAfAEL.
Hôtel du Dauphin-Bleu. La porto A droite, au petit Parc.
l'abbé.
Vos armes?
RAFAËL
Peu m'importe; Fer ou plomb , balle ou pointe.
4fi , POÉSIES.
L ABBE
Et votre heure?
RAFAËL
Midi.
( Labbé le salue et retourne à sa chaise. )
Ce petit abbé-tà in^a Tair bien dégourdi.
Parbleu , c'est un bqii diable ; il faut que je Tiiivite
A souper, -r Hé , monsieur! n'allez donc pas si vite ?
Qu'est-ce ,« monsieur?
RAFAËL
Vos gen^ s'ensauvent comme si La Gèvre à leurs4alons les emportait d'ici.
Demeurez pour l'amour de Dieu , que je vous pose Un problème d'algèbre. — Est-ce pas une chose Véritable , et que voit quiconque a Tesprit sain , Que la table est au lit ce qu'est la ponreau vin? De plus, deux gens de bien , à s'aller mettre en face r Sans s'être jamais vus, ont plus mauvaise grâce Assurément que , q^uand il pleut, une catin A descendre de fîacre en souliers de satin.
Donc, si vous m'en croyez , nous souperons ensemble ; Nous nous connaîtrons mieux pour demain. Que t'en semble, Abbé?
l'abbé. %
Parbleu , marquis , je le veux , et j'y vais.
( Il sort de sa chaise. )
RAFAËL
Voilà les musiciens qui sont déjà trouvés f Et pour la table — holà , Palforio I l'auberge !
( Frapftant, )
Cette porte est plus rude à forcer qu'une vierge. Palforio, manant tripier, sac à boyaux!
Vous verrez qu'à cette heure ils donnent , les bourreaux !
(Il jette une pierre dans la vitre^ P4LF0RI0, à la fenêtre.
Quel est le bon plaisir de votre courtoisie ?
RiFAEL.
Fais-nous faire à souper. Certes, Theure est choisie Pour nous laisser ainsi casser tous tes carreaux 1 Dépêche, sac à via! — Pardieu , si j^étais gros Comme un muid , comme toi , je dirais qu'on me porte En guise d'écriteau sur le pas de ma porte; On saurait où me prendre au moins.
PALFORIO.
Eicuses-moi, Trés-eioellent seigneur.
RAFAËL
Allons, démène- toi.
Vite ! va mettre en Tair ta marmitonnerie.
Donne-nous ton meilleur vin et ta plus jolie Servante ; embroche tout : tes oisons , tes poulets , Tes veaux , tes chiens, tes chats, ta femme et tes valets! — Toi, l'abbé, passe donc; en joie! et , pour nous battre Après , nous taperons , vive Dieu ! comme quatre.