CHANSONS POUR NINON
Au bord de l'éUng d"Aigues-Belle,
Au mois de mai, dans sa Fraîcheur.
J'ai vu revenir Isabelle
Appuyée au bras du pécheur.
En monlant dans la passerelle
Le pêcheur lui pril à la main
Une Heur cueillie eu chemin.
Ah ! Seigneur Dieu ! qu'elle était belle !
Au bord de l'étang d 'Aigu es- Bel le !
Au bord de l'clang d'Aiguës -Bel le, Se cachant le front dans la main, Lorsque vint l'aulûmnc, Isabelle Pleurait seule sur le chemin, Triste el pâle, mais toujours belle 1 Il était allé :
n Dieu ! finel acur di'solé
LES SENTIËnS PERDUS.
Biltait dans [on seiQ, Isabelle, Au bord de l'étang J'Aigiies-Belle!
Au bord de l'étang d' Ai gués -Bel le, Perdu sur le chemin désert, J'ai cherché partout Isabelle, Mais je n'ai trouvé que l'hiver.
11 neigeait sur la passerelle , Il neigeait; j'entendais le vent Pleurer dans te bois du couvent.
Où donc éllez-vous, Isabelle?
— Au fond de l'élang d'Aigues-Belle.
Blanche dormait sur le rivage, Un chevalier passa par là :
M La belle, monte ma sauvage.
— Chevalier, nenni pour cela. »
Hais Blanche n'était pas farouche,
Et la cavale allait au pas.
B La belle, un baiser de la bouche?
— Beau chevalier, je ne veux pas. »
NINON
Le chevalier, sur le passage, Descend et la prend dans ses bra*;.
« La belle quel joli corsage !
— Beau chevalier, lu me perdras. »
La plus fraîche rose du monde De Blanche embaumait les appas.
« Je m'en vais la cueillir, la blonde.
— Beau chevalier, je ne veuï pas. »
11 ouvrit sa gorgette blanche ;
(I Rose ! en ses mains lu tombas !
« Il t'en reste une encor, ma Blanche.
— Mon chevalier, je ne crois pas. »