‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 23 sur 102 · CHANSONS POUR NINON · texte numérisé non relu

CHANSONS POUR NINON

Au bord de l'éUng d"Aigues-Belle,

Au mois de mai, dans sa Fraîcheur.

J'ai vu revenir Isabelle

Appuyée au bras du pécheur.

En monlant dans la passerelle

Le pêcheur lui pril à la main

Une Heur cueillie eu chemin.

Ah ! Seigneur Dieu ! qu'elle était belle !

Au bord de l'étang d 'Aigu es- Bel le !

Au bord de l'clang d'Aiguës -Bel le, Se cachant le front dans la main, Lorsque vint l'aulûmnc, Isabelle Pleurait seule sur le chemin, Triste el pâle, mais toujours belle 1 Il était allé :

n Dieu ! finel acur di'solé

LES SENTIËnS PERDUS.

Biltait dans [on seiQ, Isabelle, Au bord de l'étang J'Aigiies-Belle!

Au bord de l'étang d' Ai gués -Bel le, Perdu sur le chemin désert, J'ai cherché partout Isabelle, Mais je n'ai trouvé que l'hiver.

11 neigeait sur la passerelle , Il neigeait; j'entendais le vent Pleurer dans te bois du couvent.

Où donc éllez-vous, Isabelle?

— Au fond de l'élang d'Aigues-Belle.

Blanche dormait sur le rivage, Un chevalier passa par là :

M La belle, monte ma sauvage.

— Chevalier, nenni pour cela. »

Hais Blanche n'était pas farouche,

Et la cavale allait au pas.

B La belle, un baiser de la bouche?

— Beau chevalier, je ne veux pas. »

NINON

Le chevalier, sur le passage, Descend et la prend dans ses bra*;.

« La belle quel joli corsage !

— Beau chevalier, lu me perdras. »

La plus fraîche rose du monde De Blanche embaumait les appas.

« Je m'en vais la cueillir, la blonde.

— Beau chevalier, je ne veuï pas. »

11 ouvrit sa gorgette blanche ;

(I Rose ! en ses mains lu tombas !

« Il t'en reste une encor, ma Blanche.

— Mon chevalier, je ne crois pas. »

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