‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 50 sur 102 · VISIONS DANS LA FORÊT · texte numérisé non relu

VISIONS DANS LA FORÊT

J'étais dans k forêt, rôvant au pied d'un frénc : Une femme passa, fiére comme une reine.

H Qui donc os-tu, lui di»:JG en lui prenant la main. Toi que j'ai vue hier, que je verrai demain.

Tantôt sous les cyprès et tantôt sous les roses. Tantôt triste ou joyeuse en les métamorphoses ? ■

D'une voix traiche et claire elle me répondit : R Je suis un ange errant qu'on aime et qu'on maud Depuis des jours sans fin que je parcours In terre, Pour nioi-mSmc je suis un étrange mystère ;

LA POÉSIE DANS LES BOIS. (M HaiTi tu verras bîcntât passer dans la forôl Trois Temmcs qui toujours ont porté mon sccrcl. « Elle dit et s'enfuit plus vive et plus légère Que la biche aui doux yeux qui court sous la fougère.

Je rêvais ; cependant sur le même chemin

Cne femme apparut; la neige el le carmin

Se disputaient l'éclat de sa jeune figure.

a Salut, loi qui souris, sois-iDoi d'un bon augure !

Femnie,dis-moitonnom.— Honnomcstdansloncœur.u

Elle dit, el s'enfuit avec un air moqueur.

Une autre la suivit, pAle et contemplative.

« Et loi, qui donc es-tu ? » Gomme la sensitivo Qui craint d'être touchée, elle prit en passant tJn timide détour sous l'arbre jaunissant.

Hais je la poursuivis, a Qui donc es-tu, de grAce? Femme, dis-moi ton nom. ou je suivrai la trace. — Abeille du Très-llaul, je vais cherchant mon miel Dans la mys(ii|ue fleur que Dieu cultive au ciel . »

Une autre femme encor passa sous le vieux arbre. En la voyant venir, je me sentis de marbre ; Un hibou la suivait, un sinistre corbeau Annonçait son passage ; une odeur de tombeau S'exhalait de ses pas. « Ton nom? — Je suis la méi'c ; Suis-moi, ferme ta bouche a toute source amcre. L'abîme où je descends n'est pas une prison ; D'est le sombre chemin d'un pl^s grand horizon. »

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