‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 75 sur 102 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les héses, ERIRME.

Erinnc s'arrl^lc loutf surprise el baisse li lèle devant Siflao.

Vions-m donc me bruvcr à mon heure suprême?

D,™),Prib,GOOglC

riiiion m'aime et c'est lu mon crime.

Si je ne l'aimais pas, Aurais-je ici marqué l'empreinte de mes pas?

J'ai quitté pour le suivre en cette ile égarée Mon pays, ma famille et ma mère éplorée ; Mais, puisqu'il emportait tout mon cœur btcc lui. Ce désert désolé se repeuple aujourd'hui.

Le monde, le pays, la mère, la famille, C'est un amant aimé, c'est Phaon.

D'un amour radieux, D'uD amour infini qui ravirait les dieui; Depuis qu'il m'entraina, mon cœur est tout en fêtes ; Car j'aime plus gaiement, moi, que vous ne le faites. Nous couronnons nos tronls d'alticrs rayonnements Et le doux rire éclate en nos cmbrassementw Point de pleur, si ce n'est une larme de joie...

Tu ii'aÎDiGs pas ! L'amour c'est un oiseau de proie,

Un vaulour qui nourrit sa faim dans notre cœur,

Qui Trappe sans relâche avec son bec vainqueur !

Crois-moi, j'ai de l'amour la Iriste expérience :

Tu n'aimes pas, Erinne ; en ta luiurianco

Tu prends pour de l'amour le feu de tes vingt ans :

Le soleil brûle-(-il aux aubes du printemps?

Il faul laisser venir la saison des orages

El chercher sur la mer le danger des naufrages.

Moi, j'aime les beaux jours, les bosquets el les Oeurs, Et je ne comprends rien à vos pjle^ douleurs ; Vous sanglotez et moi je chante !

Ohl la jeunesse !

La passion d'aimer l'effleure et la caresse.

Hais n'entre pas chez elle; elle bante le seuil, Plus tard elle y pénétre et le remplit de deuil,..

BtunilE, nmcrrompant.

Pourquoi chercher toujours ces images funéhres? Crois-moi, Sapho, l'amour n'aime pas les ténèbres.

SAPIIO, se parlant à clk-mômp.

■ Ah ! l'imour et la mort se tiennent de trop prés, C'eM la fleur que flétrit l'ombrage du cyprès !

202 SAPUO,

Erinne, je te liais! que Junon l'implacable,

La jalouse aux yeux fiers, de ses Tureurs t'accabte ! Tu déi:Iiîres mon cœur.

Itrgirdanl Pluon fl Erlnnii.

Cruels, vous TOUS aimez !

A Erlnn».

Je te hais et le voue aux serpeDls enllammés !

EtllHNE.

Sapho, je n'ai pss peur de la sombre furie, De tes yeux foudroyants ; que Phaon me sourie, El moD cœur est léger comme un daim au printemps ! Que m'importe l'orage à moi, j'ai le beau temps.

SAFHO.

Tu n'es pas à l'abri des amours infernales.

CRÉon.

Sapho, ne Iroublei point ses aubes matinales, Laissez-lui la jeunesse et les illusions.

EBinriE, à Créon.

Va, je ne les crains pas, les noires passions.

CHÉon.

Tu sais cueillir les Oeurs sur le bord des abîmes.

erikhe.

El je n'y tombe pas comme font les victimes.

ACTK II.

MainleDiiDt si Phnon me veut fuir pour Sapli», Qu'il écoute son tœur et qu'il parle tout hnui.

Elle a raison, mon cher, parle sans périphrase

FDAon.

Ud amour me transporte, un autre amour m'éc Chflcun d'eux à la fois remplit moD horiiOD,

Sapho, c'est ma folie, Ërinne ma raison.

Tn vois bien que Phaon sait parler sans rien dire, Il semble qu'à son tour il chante sur la lyre.

L'amour dans la raison c'est la flamme dans l'eau. Phaon ne m'aime pas.

Vojani Pbaon iin^drc Les mains de Saplio.

Fuyons ce doux tableau.

Cr^DclErinnesonciil.

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