ACTE III. 21S
J'aurais du sur ton «eur veiller tonlcïi ha nuils Et ne piiint y laisser arriver les ennuis ; J'aurais du, te berçant, bacchfinte inassouvie. Ne chanter que pour toi la chanson de la vie. Ne t'aimais-Je pas trop, 6 Phaon, pour avoir La science d'aimer? — T'aîmer, c'était savoir!
Des larmes., , ô Sapho, n'écoute point ton âmo Qui, comme un ccrfblessé, fuit le jour, pleure et bramcl Point de lAches douleurs! je mourrai vaillamment, Sans un seul souvenir pour le perfide amant!
Qu'il aille où son amour l'entraînera; qu'importe Si le fleuve des morts à tout jamais m'emporte !
Rllt rrtirdr la mir.
Hélas I je veux le fuir, mais pour le retrouver; Sur le sein de la mort je veux encor rêver A ses beaux yeux baignés de flammes amoureuses, A sa bouche pareille aux pèches savoureuses; Je veux encore entendre en mon dme sa voix, Sa voix qui caressait mes lèvres autrefois.
Sa voix qui suspendait les hymnes sur ma lyre, Sa voix qui m'empêchait de chanter et de lire.
Un sileiifc.
Je vais monter ! Encor si j'avais pour appuis Tes douces mains, Phaon, car sans toi je ne puis Trainer mes tristes pieds et je perds tout coura);c. Riîveillc-toi, mon cœur, pour ce dernier naufrage !
Elli' ftetiA sa conronnc de diaiiyiils.
Je vais me dê|>ouillcr de toute ma splendeur
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Et je DC garderai qu'un voile à ma pudeur.
mon maître Apollon, reprends cette ci
Nuit de la tombe, éteins l'éclat qui m'environne.
Elle prend ics [leurs à son sein cl les jette »ii veni. Chères Qeurs ! que le vent vous reporte vers lui. Ah! quandil les cueillait, quels beaui jours nous ontlui! Ah 1 qu'il aimait l'amante et qu'il aimait la musc I
Elle passe an bris d« la sialuc son cuiller de perles. Pauvres perles! qu'une autre a son tour s'en amuse, (ju'il ne me reste rien, pas même mn beauté, Pas même son portrait sur cet anneau sculpté !
Elle pose l'anneau suc le piédesUl.
He bracelet d'argent qui me vient de ma mère, M'accompagnera seul au tond de l'onde amére.
Adieu, vaines g[randeurs ! Je vous salue, ô Ilots ! Vous qui me bercerez an chant des matelots.
Vous ne glacerez pas ma bouche inapaisée, Car Phaon seul avait la divine rosée.
Elle monle cl s'arrttc liienUll.
Ailleurs, avec Phaon, que nous montions gaiement. Mais nous nous arrêtions A chaque embrasseraentl Nous allions i l'amour, quel que fût le rivage, Et je vais à la mort en ma douleur sauvage.
Au haut du rocher.
Je ne pardonne pas en mourant ; — que les Bîeux Te foudroient, ô Phaon ! — Ton amour odieux Retombera sur elle : il faudra qu'elle expie Les tourments infernaux de cet amour impie.