CHANSON DU FAUNE
Elle est cassée, elle esl cassée,
. Ha cruche que j'aimais !
Pour moi toule joie esl passée ; Elle esl cassée !
Je n'y boirai plus inmais,
Qu'un funèbre cyprès s'incline sur ma télf.
Jupiter, dis-moi si le jour de la fêle Une cniche si belle étail aux mains d'Hébé ?
Al) ! combien je mnudis l'heure ou je suis lombé '.
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» POEMES ANTIQUES
Quand Thsinadryade légère, Toute palpitanle accourait Devant ma grolte bocagère.
A ma cruche elle a'eaivrait.
Un jour, — quel souvenir ! — je rêvais sous un arbre ; En poursuivant un ceif, Diane aui pieds de marbre, He demanda ma cruche et la vida d'un trait.
Ah! comme j'ai suivi ses pas daos la Torét!
Elle est cassée, elle est cassée.
Ma cruche que j'aimais I Pour moi, toute joie est passée ;
Elle est cassée !
Je n'y boirai plus^amais, Jamais !
Apollon sur ma cruche avait gravé l'histoire De Pan qui dans ses bras, cherchant une victoire. Vit en roseaux chanteurs se métamorphoser lia nymphe Ea fuyant ainsi l'ardent baiser.
Mais Pan, enivré par la lutte, Sous ses dents coupa des roseaux Dont il fit soudain une llùle Qui chanta comme les oiseaus.
FRESQUES ET BAS-RELIEFS.- 2 Pan joua Irislement, aux rives sûlilaires, Un chant voluptueux, si douï, que les panthères, Les tigres indomptés, se déchirant entre eux, En rugirent d'amour dans les bois lénébreui.-
Elle est cassée, elle est cassée,
Ma cruche que j'aimais!
Pour moi, loule joie est passée ; Elle est cassée !
Je d'y boirai plus jamais.
Jamais !
Sur ma cruche on voyait, dans un chœur de dryades. Les fils de Sémélê qu'ont bercés les Hyades; A ses pieds sommeillait un tigre lachelé* Désarmés, les amours jouaient à son côlé.
Les dryades, troupe bruyante.
Dansaient en voilant leurs seins nus De leur chevelure ondoyante Parfumée au bain de Vénus.
Et Bacchus étendu sur des feuilles d'acanthe Ouvrait sa lèvre rouge à la jeune bacchante.
Qui pressait sous ses doigts une grappe aux cent grains. — Faune, Uniras-tu de chanter des chagrins?