LE VOILE SACRE
Près de Padoue, nu sein de ce riche pays
Où le pampre s'élend siir le blé de mais
(Que n'ai-je vos pîncenui, Titien ou Véronése,
Pour ce dirin tableau digne de la Genèse ! j
Vue feniine éLait là, caressant de là main
Un bambino couché sur l'herbe du chemin :
Plus souples et plus longs que les rameaux du saule.
Ses cheveux abondants tombaient sur son é|>aule;
Elle était presque nue, à peine un peu de lin
Lui glissait au genou ; pliis d'un regard malin
Courait, comme le feu, de sa jambe hardie
A sa gorge orgueilleuse en plein marbre arrondie.
Elle se laissait voir, naive en sa beauté, Sans songer à voiler sa chaste nudité ; Dieu l'avait {aite ainsi, comme il avait fait Eve, Un malin qu'il voulait réaliser un rêve :
l'OEMES ANTIQUES. 25:
l'ourqiioi caclier au jour ce cheM'œiiïre cliacniaiit, Créé pourélre vu, divin enchaiitemenl !
A la fin, devinant qu'on la trouvait trop belle. Elle voulut voiler ceUe gorge rebelle; Elle étendit la main, mais le voile flottait. Son front avait rougi; de femme quelle était, Elle redevint mère : — avec un doux sourire, Un sourire pins'doui que je ne saurais dire, A son petit enfant elle donna son sein.
sublime action ! Les anges par essaim, Clianlanl Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes L'allière volupté de ces saintes mamelles.