‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 90 sur 102 · LE VOILE SACRE · texte numérisé non relu

LE VOILE SACRE

Près de Padoue, nu sein de ce riche pays

Où le pampre s'élend siir le blé de mais

(Que n'ai-je vos pîncenui, Titien ou Véronése,

Pour ce dirin tableau digne de la Genèse ! j

Vue feniine éLait là, caressant de là main

Un bambino couché sur l'herbe du chemin :

Plus souples et plus longs que les rameaux du saule.

Ses cheveux abondants tombaient sur son é|>aule;

Elle était presque nue, à peine un peu de lin

Lui glissait au genou ; pliis d'un regard malin

Courait, comme le feu, de sa jambe hardie

A sa gorge orgueilleuse en plein marbre arrondie.

Elle se laissait voir, naive en sa beauté, Sans songer à voiler sa chaste nudité ; Dieu l'avait {aite ainsi, comme il avait fait Eve, Un malin qu'il voulait réaliser un rêve :

l'OEMES ANTIQUES. 25:

l'ourqiioi caclier au jour ce cheM'œiiïre cliacniaiit, Créé pourélre vu, divin enchaiitemenl !

A la fin, devinant qu'on la trouvait trop belle. Elle voulut voiler ceUe gorge rebelle; Elle étendit la main, mais le voile flottait. Son front avait rougi; de femme quelle était, Elle redevint mère : — avec un doux sourire, Un sourire pins'doui que je ne saurais dire, A son petit enfant elle donna son sein.

sublime action ! Les anges par essaim, Clianlanl Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes L'allière volupté de ces saintes mamelles.

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