MARTIA ET MARGUERITE
Marlia la KoniaiDe à la palelte ardente.
Qui peignit des ubieaux qu'aurait signés le Danle,
Voulut vivre pour l'Art, Plus d'un jeune Bomain
Lui parla maintes fois d'amour sur son chemin ;
Elle le fui rebelle, ô Vénus d'Ionie,
El son cœur ne brûla que des feux du génie.
L'Art fut le divin culte où son esprit rêveur S'enfermait avec joie en ses jours de ferveur; Son atelier était le temple où la vestale Veille avec piété sur la flamme fatale.
Ses compagnes en vain lui chantaient doucement La chanson qui jaillit des lèvres d'an amant Et court comme le feu sur les rives du Tiiire ; Martia leur disait : « Esclaves, je suis lil»'e;
D,™),Prib,GOOglO
360 POF.UES ANTIQUES.
Je n'ippartiens qu'à l'Arl, l'Art, cel enfant des dieux,
Qui ceiul mon chaste rront d'un éclnt radieux ;
Ms couronna invisible, ô mes chères compagncis !
Est ))lus douce i porter que la &eur des campagnes
Dont le pAlre amoureux s'enivre le malin.
Alors que la rosée cmperle encor le thym.
Vous lunlez ici-bas la passion profane
Qui n'a rien d immortel, qui fleurit et se fane:
Ha sainte passion est vivante à Jamais,
Et j'iiimerai demain ainsi qu'hier j'aimais.
Hoi, je n'habite point la terre ; — un Elysée,
Qucles dieux m'ont btli sur la nueimée.
M'enlève A vos plaisirs, jeimes ïlles, mes sœurs.
Biches aui doux regards qui cherchez les chasseurs ! a
Fuyant les voluptés de cette vie humaine, Elle parlait ainsi Marlia la Romaine.
Harj-uerite Vau Eyck, quinze siècles après,
Pareille a HarUa, découvrit les secrets
Du peintre, et ne voulut pas vivre pour la teefe ;
EUc enferma son cceur dans l'art, un cloitire auslLT
Où l'auge du Seigneur, touché de sa beauté.
Garda le beau lys blanc de sa virginité^
Pourtant elle vivait é Bruges l'espagnole.
Ville aux yeux éclatants, alors bruyante et folle.
Et puis elle habitait un calme intérieur
Avec son frère Jean, esprit doux cl rieur;
.M>,Googlc'
FUESOUES ET UAS-nKLlEFS. 2til ' Elle aimait la musique et ses pures délices. Elle buvait la vie ast plus pompeux calices.
El. quand elle peignait, ndéle à ses instincts, En ouvrant les fonds d'or des maiMs byzantins, Elle ornait ses tableaux de fraichcs perspectives. Forêl, prairie en Deurs, montagne aui sources vives Pour faire au Créateur un trône ébtbuissant.
Tareille i Hartia, dans son amour puissant, Marguerite était moins chréltenne encor qu'artiste ) Son cœur était piemtj mais surtout panthéiste.
AiDsi leculte ardent qui leur ouvrait les cieux,. Ce fut l'amour de l'Art et non l'amour des dieux.
L'Art est lui-même un dieu, — dieu quivcrsedansl'èmu Le rive, le parfum, la douleur et la Oammc De l'immortalité. — L'artiste est immortel, Puisqu'après la prière il monte sur l'autel.
Saluons, saluons, ces deui filles sublimes Qui voulaient n'habiler que les altiéres cimes. Qui n'avaient pas besoin de passer le tombeau Pour vivre loin du monde et voir le ciel plus beau. La mort, en les frappant, n'a rien changé pour elles. Car elles cimnaissaient les sphères éternelles.
D«-,..r)l>,GOOglC