‹ Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaireChapitre 135 sur 272 · RONDEAU XLVIII · texte numérisé non relu

RONDEAU XLVIII

Avugle et assourdy De tous poins en nonchaloir, Je ne puis ouir, ne venir Chose dont soye esjouy.

Soit desplaisant ou marry, Tout m'est ung, pour dire veoir, Avugle et assourdy, De tous poins en nonchaloir.

Es escoUes fu nourry D'Amours, pensant mieux valoir:

Quant plus y cuiday savoir, Plus m'y trouvay rassoty, Avugle et assourdy.

Prociil à uobîs Soient ces trompeurs, Dxntur aux flateurs Verba pro ver bis,

Siciit pax vobis ; Et tendent ailleurs.

Prociil à nobis Soient ces trompeurs.

Non seiiiel sed b'S, Et des fbiz plusieurs, Sont loup? ravisseurs Soubz pcaulx de biebiz.

Prociil à nobis!

Faulcette confite En plaisant parler !

Laissez la aler, Car )e la despite.

Ce n'est que redite De tant l'esprouver, Faulcette confite En plaisant parler.

Et quant on s'aquicte Plus de l'amender, Pis la voy ouvrer; C'est chose maudicte, Faulcette confite 1

J'estraine de bien loing m'amie , De cueur, de corps et quanque j'ay, En bon an lui souhaideray Joye, santé et bonne vie.

Mais que ne m'estraine d'oublié, Ne plus ne moins que la feray; J'estraine de bien loinq m amie, De cueur, de corps et quanque j'ay.

Mon cueur de chapel de Soussie, Ce jour de l'an, estreneray ; Et à elle presenteray Des fleurs de Ne m'oubliez mie.

J'estraine de bien loin" m'amie.

J08 en ARLES u' ORLÉANS.

Parlant ouvertement Des faiz du Dieu d'Amours , N'a il d'estranges tours En son commandement?

Ouil , certainement.

Qui dira le rebours , Parlant ouvertement Des faiz du Dieu d'Amours f

S'on faisoit loyaument Enqueste par les cours, On orroit tous les jours Qu'on s'en plaint grandement.

Parlant ouvertement.

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