‹ Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaireChapitre 166 sur 272 · RONDEAU CXLVIII · texte numérisé non relu

RONDEAU CXLVIII

A qui vendez vous vos coquilles Entre vous, amans pèlerins?

Vous cuidez bien, par voz engins, A tous pertuis trouver chevilles.

Sont ce coups d'esteufs, ou de billes Que ferez tesmoing voz voisins?

A qui vendez vous voz coquilles Entre vous, amans pèlerins ?

On congnoist tous voz tours d'estrilles Et bien clerement voz latins ; Trotez, reprenez voz patins, Et troussez voz sacs et voz quilles; A qui vendez vous voz coquilles!

CHARLES D'oRIÉANS. II. II

\^2 CHARLES d'ORLÉANS.

Avez vous dit! laissez me dire, Amans qui devisez d'Amours:

Sainte Marie! que de jours J'ay despenduz en martire!

Vous mocquez vous? je vous voy rire, Guidez vous qu'il soit le rebours ?

Avez vous dit ! laissez me dire, Amans qui devisez d'Amours.

Parler n'en puis que ne souppire ; Raconter vous y sçay cent tours Qu'on y a, sans joyeulx secours, S'au vray m'en voulez ouïr lire :

Avez vous dit ! laissez me dire.

Pource qu'on jouxte à la quintaine A Orléans, je tire à Blois ; Je me sens foulé du harnois.

Et veulx reprendre mon alaine.

Raisonnable cause m'y maine, Excusé soye ceste fois, Pource qu'on jouxte à la quintaine A Orléans, je tire à Blois.

Je vous prometz que c'est grant paine De tant faire u baille lui bois; »

Eslongner quelque part du mois.

Vault mieulx, pour avoir teste saine, Pource qu'on jouxte à la quintaine.

RONDEAUX. l63

Page 1