EXPLICIT LA PREMIERE PARTIE DU LAY PITEUX
Sans vous veoir, Près du manoir, Amy de vous, CHAr.LEs d'orléans. I. 14
POESIES ATTRIBUEES
Fine mes jours Cest derrain soir, Veuillez savoir Qu'à nonchaloir Mis par vous tous, Sans vous veoir.
Mourant espoir Ferez devoir, Souviengne vous Que laissay tous, Par vous vouloir.
Sans vous veoir.
Faulce mort, Agrant tort.
M'as grevée, Et ostée Mon déport ; Mon cuer mort; Car trop tort L'as serré, Faulce mort.
Près du bort Du mal port M'as laissiée Désolée, Sans confort, Faulce mort.
Bien puis dire souvent elas!
Comment m'e^t il mesavenu !
La mort, que moqué ne m'a pas, La belle bonne m'a tollu, Et m'a iaissié depourveu De tous les biens qu'avoir soulove, Tout plain d'ennuy, sans point de joye; Sy pry à Dieu qu'en son manoir, L'ame de soy tout droyt envoyé Ont la puisse brietment véoir.
Helasl amy, d'un de ses dars Soudainement Mort m'as féru; De mon meschief je n'ose pas Faire semblant qu'ay receu.
Or, ay je bien trestout perdu, Car seulement quant je pensoye De la véoir m'esjoïssoye.
Ou près, ou loing et main et soir; Or à présent, estre vouldroye Ont la puisse brietment véoir.
Hé! Dieu d'Amours trop pugny m'as Sans toy me sera bien deceu.
Quant me souvient qu'entre ses bras Amy tout seul m'ot retenu Mon cueur et moy si bien pourveu; Estre tout sien lui promectoye Tresloyaument, et lui disoye :
Vueillez vostre amy recevoir; Or à présent estre vouldroye Ont la puisse briefment véoir.