LA FOLLE DES CHAMPS-ELYSEES
" Tu lui répéteras toujours : « Je veux mourir!... » Oui, mourir... » — A ces mots, iuterdite, égarée Par un objet lointain sa vue est attirée; De son sein palpitant part un cri douloureux... Ali! combien, révoltée à cet aspect alTreux , Je haïssais l'auteur de ce fatal délire !.. J'aurais voulu savoir son nom pour le maudire ! Mais en plaignant ces maux plus cruels que la mori Je me souvins d'Alfred, et je bénis mon sort; A ses soins, son amour, mon àme accoutumée, Sentit plus vivement le bonheur d'être aimée.
En cet instant, l'enfant dont je guidais les pas S'écria : » C'est Alfred ! et courut dans ses bras. " '< Alfred!... » redit alors une voix déchirante; Et soudain , a mes pieds , elle tomba mourante , Celle dont malgré moi j'avais fait le malheur. Le rire fit trembler ses lèvres sans couleur. Et des larmes de sang rougirent sa pau|iièie. Son corps resta sans vie, étendu sur la pieire; Les soins même d'Alfred ne pment la sauver , Et mes rêves d'amour venaient de s'achever... J'avais lu mon destin sur ce pâle visage... Alfred a confirmé cet iiorribie présage; Et, bientôt, subissant la même trahison, Pour souffrir plus encor, j'ai gardé ma raison!...
IMns, mai I82G.