‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 6 sur 82 · MAGDELEINE, CHANT V · texte numérisé non relu

MAGDELEINE, CHANT V

Prodiguer des bienfaits — dont le raatlieiir siriite. L'un, n'osant se venger, par l'outrage abattu, Se pare de sa bonté, et l'appelle vertu ; D'autres, rabaissant tout à leur obscure vie, Nomment Égalité le niveau de l'envie!... Ne vous alarmez point de leur noble dessein , Le fruit de mes conseils a germé dans leur sein. Au sou de ces grands mots je guide leur démence; Où l'orgueil a parlé — mon empire commence ! Croyez-moi , ces revers ne sont que passagers. Ah! le regret d'un jour suffit aux cœurs légers; Tout à son repentir, Magileleine est sans armes; Nous la ramènerons par l'éclat de ses larmes : D'être un modèle saint son cœur sera flatté. Le remords de l'amour n'est pas sans volupté. Des bienfaits de son Dieu l'homme aisément ;iliiise. La Pénitence enfin n'est qu'une sainte ruse; Ce nouvel ennemi ne saurait nous tioubler — Il ne faut point combattre — il faut lui 11KSSK.MBLEK ! Et d'accord a\ec nous, cette vertu sublime D'un peuple d'imposteurs enrichira l'abîme I >■

Il dit. — Des cris flatteurs, d'horribles hurlements. Sont des démons ravis les applaudissements; Et Satan , qu'impoilune un si bruyant délire , A trahi son dédain par un affreux sourire. Il rougit d'un succès bassement mérité; Il sent de ses discours toute l'iniquité. Ce monarque, honteux de ses lâches compliies. Méprise ses sujets d'applaudir à ses vices ;

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Pour cacher ce mépris faisant <le vains efforts, 11 feint d'être (latte de leurs hideux transports; Mais il maudit sa i;loire en voyant qui l'admire; Et le divin fantôme à ses côtés soupire :

« Satan, te souvient-il de tes chants d'autrefois, V Quand les échos du c el répondaient à ta voix ' » Tes chants n'inspiraient point ce délire f.irouchc » Quand l'esprit du Seigneur descendait par ta houche !

Villieis-5tir-0ri;f, IS'Jλ

Ainsi parle Satan Mais dans l'affreux cortège Quel est-il ce démon que sa faveur protège.^ Dans sa fatale main il agite un (lambeau ; Que ses regards brûlants font frémir! Qu'il est beau! Si la Haine était belle, on dirait : C'est la Haine! Des anneaux d'un serpent il a formé sa chaîne, Il porte sur son dos les ailes du vautour, Et l'enfer l'a nommé le démon de l'amom!

MA(ii)i:ij;i.M: , chant v. 35

Ce n'est pas cet amour dont la pudùjne llamme, Comme un panlon du ciel, \ieiit épurer notre ûme. Ce gage précieux d'un boniieur a venir, Ce rayon du beau jour qui ne doit pas linir!

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