MATHILDE. 3J.Î
Dans le hameau du pauvre à vivre condamné. N'accusant que le sort de sa dure misère. Et se voyant, hélas! si jeune abandonné, il pleurait la mort de son pèie.
Tandis qu'aux pieds des rois le courtisan guerrier Invoque l'Éternel , vainement le supplie D'accorder à ses vœux un fils, un héritier Semblable à celui qu'il oublie 1
Mais il grandit; — enfin il connut son vrai nom; Il sut reconquérir un droit qu'on lui renie. Ah ! dans les nobles cœurs aigris par l'abandon , Le désespoir est du génie !
Je le vis. — Des plus fiers l'estime l'honorait ; Les femmes, devenant sou ange tutélaire, De la tendre pitié que son sort inspirait Se faisaient im droit de lui plaire.
Que j'aimai ce front calme.... et ce cœur agité, Et , par tant de malheurs , sa jeunesse ennoblie , Ce mélange de grâce et de sévérité, D'esprit et de mélancolie !
Au monde avec couiage il dérobait ses pleurs ; Moi , je les devinai sous sa fierté frivole ; Je dis : " L'amour coupable a causé ses malheurs ; >. Oh ! qu'un amour pur le console !... »
Et inbn cœur fut à lui !.. . — Par mes soins assidus , D'un père il retrouva la tendresse ravie ; Maintenant je les vois l'un à l'autre rendus.... Il est de beaux jours dans la vie!
Son père!... il rêve en lui l'espoir de ses vieux jours En se voyant chéri , le remords l'abandonne , Et, dans sa joie, il croit avoir aimé toujours L'enfant délaissé qui pardonne.
Villiers-sur-Ort.'e, juin )8UI