L'HOMME DANS LA LUNE
— Ma nièro, tiens, vois-tu, cet hoiniue dans la liuio! Que peut-il faire ainsi tout seul par la nuit brune?
Il ne dit pas le mot... — liais, mon cher, tu vois bien Qu'il y fait des faj^ots et qu'il lord son lien.
— Je resterais chez nous, moi, si j'en voulais faire... Le bois est là tout près... — Mais, de ce qu'il préfère, On ne s'informe pas pour le punir ainsi.
Que t'importe d'ailleurs, puisqu'il n'est pas d'ici.
— 3Iais pourquoi faut-il donc que si fort il travaille?
— Il s'appelait Dicter, c'était un rien-qui-vaille ; Jamais il ne priait ni ne bâtissait coup,
Aussi, bien entendu, s'ennuyait-il beaucoup.
Pour se désennuyer, il se fit donc ivroçne ;
Boire et boire toujours, c'était là sa besogne...
• — Mais oii prenait-il donc l'argent |)onr tant rouler?
— ^igaud, pour en avoir, il se mit à voler.
Un matin, il se lève, oui, par un beau dimanche, Et court au bois avec sa hache sur sa hanche, Y coupe un grand fagot de perches, sans façon, Et déjà revenait tout droit à la maison.
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Quand tout-à-coup voilà qu'à cet homme en déroute, Une voix crie : — ■ Oiié ! tu te trompes de route ; Viens par ici, Dicter! Dicter, viens par ici! Vois-tu, ça ne peut pas toujours aller ainsi. —
Et depuis ce moment, dans toute la contrée, Sa fig-ure jamais ne s"est plus rencontrée, Et depuis lors aussi le pauvre homme aux abois Est là-haut dans la lune à fabriquer son bois.
Plus moyen maintenant de tant faire Pivrognc, Fabriquer des fagots, c"est toute sa besogne; En soufflant dans ses doigts, quand il les sent glacés, C'est là le châtiment de ses crimes passés.
Le malheureux subit une peine bien dure, D^ètre là tout seul tant que la sainte nuit dure ; Vois, qu'il est triste aussi sous son large chapeau...
— Mère, je ne voudrais pas être dans sa peau !
— Tu vois, mon cher enfant, où l'inconduite mène. Le dimanche donc prie et toute la semaine Travaille, et conduis-toi du mieux que tu pourras. Sans quoi, quelque beau jour, tu t'en repentiras.