L'HIVER
II faut qu'on ait au ciel bien du coton à vendre, Pour qu'on en voie encor tant de voitures pendre Dans les nuages gris, quoique tout soit déjà Couvert par celui dont il nous avantagea...
Tiens, cet homme., on dirait qu'il revient de Tempiplte.. Il en a sur le dos une charge complète, El s"eufuit, en courant comme un écervelé... Pourtant, tout ce qu'il porte, il ne Ta pas volé
Quand le ciel se permet cet élranee manège, Chaque espalier reprend sa ])erru(|ue de neiffe, Et se redresse avec, d'un air pres(|ue insultant. Croyant que nul ne peut s'en procurer autant.
>eige ici, neige là, neige partout: plus trace De chemins: et pourtant, sous la terre bien grasse, Plus d'un beau grain se dit. paisible et satisfait : — Pàque lleuri viendra, malgré le temps qu'il fait..
Plus d'un oiseau charmant, dès (pic l'hiver approche, Va vite se cacher dans les vieux trous de roche,
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Et laisse le bon Dieu faire ce qu'il voudra, Bien sûr aussi qu'enfin Pâque fleuri viendra.
Puis quand, au mois d'avril, les folles hirondelles S'en viennent retrouver leurs nids à grand bruit d'aîles, Tout jette alors bien loin son linceul détesté, Et la vie en bourgeons surgit de tout côté..
Tiens, petit,., ce moineau tout frileux m'inquiète... Car voilà bien des jours qu'on le met à la diète... Ah! nous ne sommes plus au temps de la moisson. Tu t'en aper(,'ois bien, n'est-ce pas, mon garçon?
Tiens, liens, régale-toi; mais à tes frères pense Pour demain, car je veux, en garnissant leur panse. Te prouver que l'on trouve encor de bonnes gens, Et que Dieu prend pitié des moineaux indigents.