‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 29 sur 106 · TABLEAU II · texte numérisé non relu

TABLEAU II

Myrtis dans la forêt obscure Cherchait le frais et le repos.

Zéphire lui porte ces mots Que chante une voix douce et pure:

« Dans ma main je tiens une fleur; Fleur aussi je suis moins éclose.

Dieu des filles et du bonheur, Je t'offre quinze ans et la rose.

» Mon sein se gonfle, et quelquefois Je rêve et soupire sans cause, Jeune Myrtis, c’est dans ce bois Qu'on trouve quinze ans et la rose.

» J’affaisse à peine le gazon Où seule encore je repose:

Si tu viens, rapide aquilon, Ménage quinze ans et la rose. »

Il paraît ; elle fuit soudain.

Légère et longtemps poursuivie, Le berger l’implorait en vain.

Mais à la fleur elle confie Le premier baiser de l’amour !

Puis sa main à Myrtis la jette ; Il la reçoit ; faible et muette, L'autre fleur se donne à son tour.

Ménage quinze ans et la rose, Calme-toi, fougueux Aquilon Un:cri s’échappe, et le:gazon.….

Viens, doux Zéphire, elle est éclose

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