‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 30 sur 106 · TABLEAU III · texte numérisé non relu

TABLEAU III

«a Dryades, pourquoi fuyez-vous ?

Des bois protectrices fidèles, Soyez sans crainte et sans Courroux.

À mes regards vous êtes belles ; Mais un moment tournez les yeux :

Je n’ai du Satyre odieux Ni les traits ni l’audace impie.

Arrêtez donc, troupe chérie,

Au nom du plus puissant des dieux. »

De Myrtis la prière est vaine.

D'un pas rapide vers la plaine Les Dryades fuyaient toujours ; Une seule un moment s’arrête, Fuit encore, en tournant la tête, Et du bois cherche les détours.

Seize printemps forment son âge ; Un simple feston de feuillage Couronne et retient ses cheveux ; Des Eurus le souffle amoureux Soulève et rejette en arrière

Sa tunique verte et légère ;

Et déjà Myrtis est heureux

Il atteint la nymphe timide

Sur le bord d’un torrent rapide, Au milieu des rochers déserts, De mousse et d'écumes couverts.

LES DÉGUISEMENTS

Un espace étroit se présente:

L'un contre l’autre ils sont pressés ; Et bientôt l’onde mugissante Mouille leurs pieds entrelacés.

Page 1