‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 31 sur 106 · TABLEAU IV · texte numérisé non relu

TABLEAU IV

Dans sa cabane solitaire

Myrtis attendait le sommeil :

Arrive une jeune étrangère.

Le teint de Flore est moins vermeil ; Du voile éclatant des princesses Sa beauté s’embellit encore ;

Sur sa tête le réseau d’or

De ses cheveux fixe les tresses ; L'or entoure son cou de lis

Et serre ses bras arrondis;

La pourpre forme sa ceinture ;

Et sur le cothurne brillant,

De ses pieds utile parure,

Sa tunique à longs plis descend.

Myrtis en silence l’admire.

«Je fuis un tyran détesté,

Lui dit-elle avec un sourire Donne-moi l'hospitalité.

— Embellissez mon toit modeste ; Des joncs tressés forment mon lit; Il est pour vous. — Où vas-tu ? Reste; Du lit la moîtié me suffit. »

Sur cet humble et nouveau théâtre Elle s’assied ; un long soupir De son sein soulève l’albâtre :

C'était le signal du plaisir.

Sur la cabane hospitalière Passe en vain le dieu du repos:

Myrtis et la belle étrangère Échappent à ses lourds pavois.

Leur impatiente jeunesse

Jouit et désire sans cesse ;

Ivres de baisers et d'amour, D'amour ils soupirent encore; Et pourtant la riante Aurore Entr'ouvrait les portes du jour.

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