‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 92 sur 106 · ELÉGIE I · texte numérisé non relu

ELÉGIE I

Du plus malheureux des amants Elle avait essuyé les larmes; Sur la foi de nouveaux serments Ma tendresse était sans alarmes ; J'en ai cru son dernier baiser ; Mon aveuglement fut extrême.

Qu'il est facile d’abuser L'amant qui s’abuse lui-même | Des yeux timides et baissés, Une voix naïve et qui touche, Des bras autour du cou passés, Un baiser donné sur la bouche, Tout cela n’est point de l'amour.

J'y fus trompé jusqu’à ce jour.

Je divinisais les faiblesses, Et ma sotte crédulité N'osait des'plus folles promesses Soupçonner;la sincérité ; Je croyais surtout aux:caresses.

Hélas ! en perdant mon erreur, Je perds le charme de la vie.

J’ai partout cherché la candeur, Partout j'ai vu la perfidie.

Le dégoût a flétri mon cœur.

Je renonce au plaisir trompeur, Je renonce à mon infidèle ; Et, dans ma tristesse mortelle, Je me repens de mon bonheur.

tri.

ess

LEGIE II

C’en est donc fait! par des tyrans cruels, Malgré ses pleurs à l’autel entraînée, Elle a subi le joug de l’hyménée.

Elle a détruit par des nœuds solennels Les nœuds secrets qui l'avaient enchaînée, Et moi, longtemps exilé de ces lieux,

Pour adoucir cette absence cruelle,

Je me disais : Elle sera fidèle ;

J'en crois son cœur et ses derniers adieux.

Dans cet espoir, j'arrivais sans alarmes.

Je tressaillis en arrêtant mes yeux

Sur le séjour qui cachait tant de charmes ; Et le plaisir'faisait couler mes larmes.

Je payai cher ce plaisir imposteur |

Prêt à voler aux pieds de mon amante, Dans un billet tracé par l’inconstante

Je lis son crime et je lis mon malheur

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