‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 93 sur 106 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Un coup de foudre eût été moins terrible.

Éléonore ! 6 dieux ! est-il possible!

Il est donc fait et prononcé par toi L’affreux serment de n’être plus à moi?

Éléonore autrefois si timide, Éléonore, aujourd’hui si perfide, De tant de soins voilà donc le retour!

Voilà le prix d’un éternel amour | Car ne crois pas que jamais je t’oublie:

Il nest plus temps, je le voudrais en vain; Et malgré toi tu feras mon destin ; Je te devrai le malheur de ma vie.

En avouant ta noire trahison, Tu veux encor m’arracher ton pardon; Pour l’obtenir tu dis que mon absence A testyrans te livra sans défense.

Ah ! si les miens, abusant de leurs droits, Avaient voulu me contraindre au parjure, Et m’enchaîner sans consulter mon choix, L'amour, plus saint, plus fort que la nature, Aurait bravé leur injuste pouvoir ; De la constance il m’eût fait un devoir.

Mais ta prière est un ordre suprême :

Trompé par toi, rejeté de tes bras, Je te pardonne et je ne me plains pas :

Puisse ton cœur te pardonner de mêmel

Page 1